Castaner justifie le coup de fil de pression de Bayrou à Radio France : "Ça s'appelle le off"

Publié à 23h12, le 11 juin 2017 , Modifié à 23h14, le 11 juin 2017

Castaner justifie le coup de fil de pression de Bayrou à Radio France : "Ça s'appelle le off"
Christophe Castaner et Julien Dray sur le plateau de BFMTV, dimanche 11 juin 2017 © Montage le Lab

Mécontent d'une enquête de journalistes de franceinfo concernant les salariés du MoDem (qui a débouché sur l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris), le ministre de la Justice - pardon, "le citoyen" - François Bayrou a directement appelé le responsable de la cellule d'investigation de Radio France pour s'en plaindre, comme l'a révélé Mediapart vendredi 9 juin. Une démarche des plus étranges... sauf si l'on écoute le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, qui ne semble pas voir le moindre problème là-dedans.

Le sujet s'est invité dans les débats dimanche 11 juin au soir, en pleine soirée électorale des législatives sur BFMTV. Le socialiste Julien Dray met les pieds dans le plat : "Si j'ai bien compris, il a quand même appelé la presse en disant 'vous devez pas parler de moi'." Christophe Castaner répond en mettant en avant "l'indépendance de la justice" qui est, assure-t-il, parfaitement respectée par le gouvernement. Et d'ajouter :

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Je vais vous faire une confidence mais chacun le sait ici : nous passons notre vie à échanger, entre journalistes et politiques, ça s'appelle le off, c'est un grand sport national et on en fait tous.

 

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Sauf que non : il y a une différence entre un échange informel et un appel du ministre de la Justice en exercice (et président du parti visé par une enquête) décrit comme tout à fait menaçant par son destinataire, le journaliste Jacques Monin, selon qui François Bayrou cherchait clairement à faire pression sur la presse.

Julien Dray le fait d'ailleurs remarquer à Christophe Castaner : "Non ça c'est pas la même chose. Le off, je sais ce que c'est. Là c'est appeler des journalistes pour leur dire 'vous devez pas parler de ça'." Mais celui qui est aussi ministre des Relations avec le Parlement ne s'attarde pas là-dessus et réembraye :

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Aujourd'hui, on pourrait penser que justement il n'y aurait pas d'enquête [du parquet] parce qu'il est garde des Sceaux. Or dès qu'il y a des éléments qui ont été tenus à l'information de la justice, immédiatement, il y a un déclenchement d'enquête. Je pense que c'est plutôt sain. À une époque, ça n'aurait pas été le cas.

 

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