Ce député PS qui estimait en 2015 qu'une primaire à gauche serait un aveu d'échec de la politique de François Hollande

Publié à 13h14, le 20 juin 2016 , Modifié à 13h14, le 20 juin 2016

Ce député PS qui estimait en 2015 qu'une primaire à gauche serait un aveu d'échec de la politique de François Hollande
Carlos Da Silva © MIGUEL MEDINA / AFP
Image Sylvain Chazot


CQFD – Le Parti socialiste va donc organiser une primaire pour désigner son candidat à l'élection présidentielle. Dans un esprit d'union, tout le monde semble trouver ce principe formidable aujourd'hui. For-mi-da-ble. Ce ne fut pourtant pas tout le temps le cas.

Prenons l'exemple de Carlos Da Silva. Le député de l'Essonne est tout à fait ravi que le PS organise une primaire. Et il le fait savoir. "Excellente décision. Une bonne nouvelle pour toute la gauche", a-t-il écrit sur Twitter le 17 juin. Mais ce proche de Manuel Valls (il est son suppléant à l'Assemblée) n'a pourtant pas toujours pensé ceci de la primaire, comme l'a repéré sur Twitter @OneRadex.

Retour en juillet 2015. Carlos Da Silva est l'invité de #DirectPolitique (Linternaute.com, Ouest-France, 20 Minutes). Le député PS parle de beaucoup de choses et notamment de la prochaine élection présidentielle. Il tient alors à marquer son opposition farouche au principe d'une primaire à gauche. Pourquoi ? Parce que François Hollande sera d'ici 2017 "le candidat naturel de son camp".

Il disait à l'époque :

Je crois qu'il ne faut pas de primaire. Pourquoi je crois qu'il ne faut pas de primaire ? Tout simplement parce que si François Hollande réussit – et vous avez bien compris, vous l'entendez dans ma voix, la détermination qui est la nôtre, des parlementaires jusqu'au Premier ministre – si François Hollande réussit, il sera le candidat naturel de son camp. Dire qu'il y a une primaire, ça voudrait dire que nous sommes en échec. Or nous faisons tout pour réussir. […] Nous souhaitons que François Hollande soit le candidat de la gauche en 2017.

A voir ci-dessous en vidéo :





Carlos Da Silva n'est pas un cas unique en matière de revirement sur l'organisation d'une primaire. Manuel Valls, aussi, a largement modifié son discours en l'espace de quelques mois. Un changement de position vis-à-vis d'une primaire à gauche pour 2017 que l'on peut synthétiser par ce schéma :




Là où Carlos Da Silva détonne, c'est dans sa défense, il y a un an, de la candidature automatique de François Hollande à la présidentielle. En juillet 2015, l'élu PS expliquait qu'organiser une primaire reviendrait à dire que François Hollande et le gouvernement ont échoué à redresser le pays.

On vous laisse faire le sophisme tout seul, maintenant que l'organisation d'une primaire a été actée par le PS…

Du rab sur le Lab

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