Ce mail d'un proche de Macron qui cherche des financements : "Il faut 18 millions d’euros pour une campagne présidentielle"

Publié à 09h12, le 12 mai 2016 , Modifié à 10h26, le 12 mai 2016

Ce mail d'un proche de Macron qui cherche des financements : "Il faut 18 millions d’euros pour une campagne présidentielle"
Emmanuel Macron © AFP

DONNEZ DONNEZ-LUI - Emmanuel Macron serait-il en train de s'assurer une assise financière pour se lancer véritablement en vue de 2017 ? Plusieurs informations parues ces derniers jours font plus que le laisser penser.

La journaliste de BFMTV Pauline de Saint-Rémy révèle, mercredi 11 mai, un mail envoyé par un "membre de la garde rapprochée" du ministre de l'Économie. Ce courrier est un véritable appel au financement de sa campagne électorale. Invitant ses interlocuteurs chez lui pour "deux soirées de 'fund raising' [levée de fonds, ndlr]" en présence d'Emmanuel Macron, ce proche du ministre et soutien déclaré d'En Marche y va franco :

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Nous faisons le pari de dévérouiller ce système, suivant lequel la politique serait une affaire de professionnels assermentés : un entre-soi nauséabond. Mais pour y arriver, nous avons un besoin très concret de financements.



Pour vous donner un ordre de grandeur, il faut 18 millions d’euros pour financer une campagne présidentielle en France. [...] Sauf à ce que les messages d'Emmanuel, dans ce cadre privé et confidentiel et qui doit le rester, ne répondent pas à vos attentes, nous attendons des personnes ayant choisi de participer à ces soirées qu'elles manifestent concrètement, idéalement le soir-même, leur soutien à notre démarche.

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Le courrier précise même les règles qui régissent les dons aux partis politiques : plafond maximum "par personne et par couple" et défiscalisation partielle des dons en question...

La journaliste de la chaîne d'info ne dévoile pas l'identité de l'émetteur de cet email, mais précise qu'il ne fait pas partie de son cabinet ministériel et qu'il s'agirait "plutôt d'un chef d'entreprise", milieu dans lequel Emmanuel Macron a d'innombrables connexions.

Récemment, Paris Match s'est également fait l'écho d'une levée de fonds personnelle réalisé par le ministre de l'Économie lors d'une visite à Londres. Emmanuel Macron a démenti le montant évoqué (12 millions d'euros) mais pas la levée de fonds en elle-même. Ce sujet, soulevé par le député LR Georges Fenech lors des questions au gouvernement à l'Assemblée mardi 10 mai, a donné lieu a une vive confrontation entre Manuel Valls et son ministre, en plein hémicycle.

Mardi, une autre information venait corroborer les intentions de plus en plus claire du "marcheur" se définissant comme "et de droite et de gauche". Mediapart affirme en effet qu'une date précise a été choisie pour l'annonce de candidature du ministre de l'Économie et le chef de l'État "serait dans la confidence". Emmanuel Macron aurait ainsi pris la décision de se lancer "vers le 10 juin". Sur les bases de ce scénario co-écrit avec l'Élysée, selon le site d'informations :

 

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François Hollande serait très au fait de ce que prépare le ministre de l’Économie et penserait qu’il pourrait en tirer ultérieurement avantage. Le subterfuge convenu entre les deux serait qu’Emmanuel Macron mènerait la campagne qu’il souhaite, sur un registre qu’affectionne aussi le Medef, celui du 'ni gauche, ni droite', et qu’il annoncerait à l’horizon de février 2017 qu’il pourrait, s’il était éliminé au premier tour, se rallier à François Hollande, si ce dernier accédait au second.

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Reste donc à savoir si tout cela se concrétisera. Et si tel est le cas, si Macron se bornera à ce rôle de rabateur ou s'il décidera finalement de s'émanciper totalement. Son succès de popularité, qui devrait aller grandissant en cas de candidature, pourrait-il alors le pousser à la jouer solo ?

L'intéressé a comme il se doit "démenti formellement", via son entourage, les informations de Mediapart. Une version à laquelle veut croire Stéphane Le Foll. Interrogé ce jeudi sur Europe 1, le porte-parole du gouvernement et très proche de François Hollande a déclaré :

 

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J'espère que c'est un canular. J'espère. J'ai vu ce qui a été dit hier : ça m'a d'abord surpris, ensuite y'a eu un démenti qui a été fait et je reste sur ce démenti. J'espère qu'Emmanuel Macron sera clair sur ce sujet, j'espère que oui, c'était une fausse information.

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Rien n'est moins sûr toutefois, l'intéressé ayant délivré un discours aux airs très clairs de campagne, à Orléans dimanche pour rendre hommage à Jeanne d'Arc...

[Edit 10h17]

Devant la presse en marge d'un colloque à Bercy sur le Réseau Entreprendre, jeudi, Emmanuel Macron a de nouveau démenti toutes ces informations :

 

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Ces deux éléments sont totalement faux. Je ne vais pas me déclarer le mois prochain et (...)  je n'ai pas fait de levée de fonds à cet égard.

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"À cet égard", comprenez : pour une candidature à la présidentielle. Car pour le reste de ses nouvelles activités politiques, c'est oui. Citée par Le Point, une source "dans l'équipe d'En Marche" explique ainsi :

 

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Nous assumons de lever des fonds. Nous sommes un nouveau mouvement, nous ne recevons pas de subventions publiques, pas de cotisations d'élus, nous devons rechercher des financements. On en a besoin pour exister, tout simplement. [...] Il faut qu'on accepte dans ce pays que ce n'est pas choquant de financer un mouvement politique. Ceux qui gagnent le plus aujourd'hui sont les plus anciens partis et ceux qui ont le plus d'élus. De fait, il y a une barrière à l'entrée assez colossale.

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[BONUS TRACK] 3 fois mieux que Hollande

Dans ce courrier révélé par BFMTV, l'intime du probable-mais-on-ne-sait-pas-encore-avec-certitude candidat à 2017 vante aussi auprès de ses amis et potentiels donateurs la solidité de son champion, notamment au vu des sondages. Et notez bien à qui le ministre de l'Économie est comparé :

 

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À ce jour, ce mouvement compte plusieurs dizaines de milliers d'adhérents en ligne. Les sondages, même s'ils sont par nature volatils, sont très encourageants: 43% d'opinions positives, soit le double de la cote de Nicolas Sarkozy, ou le triple de celle de François Hollande.

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