Ce "off" dans lequel Valérie Pécresse évoquait "les enveloppes qui circulent" au PS pendant la campagne des régionales

Publié à 19h50, le 30 septembre 2016 , Modifié à 19h50, le 30 septembre 2016

Ce "off" dans lequel Valérie Pécresse évoquait "les enveloppes qui circulent" au PS pendant la campagne des régionales
Valérie Pécresse © ERIC FEFERBERG / AFP

Le site Le Lanceur, créé par la rédaction de Lyon Capitale, craque le off, son à l'appui.

La scène se déroule à BFMTV, en juin dernier. Valérie Pécresse qui, sept mois plus tôt, a été élue présidente de la région Île-de-France, est l'invitée de Jean-Jacques Bourdin. Avant la reprise de l'antenne et comme cela se fait souvent, l'élue LR discute avec le journaliste et lui raconte les coulisses de la campagne des régionales.

Cette campagne entre Valérie Pécresse et Claude Bartolone avaient été des plus violentes. Les plaintes respectives entre les deux candidats avaient jalonné les semaines précédant le scrutin. Il y avait eu les invectives, les accusations de racisme, dans un sens comme dans l'autre. Attaques ad hominemplaintes en justice et autres joyeusetés avait alimenté cette campagne.

Sept mois plus tard, donc, Valérie Pécresse évoque cette période auprès de Jean-Jacques Bourdin. Elle reconnaît que cette campagne des régionales lui a "appris beaucoup de choses sur les méthodes politiques de [ses] adversaires". "Ah bah ça c'est sûr", convient le journaliste de BFMTV et RMC. Mais derrière ces "méthodes politiques", Valérie Pécresse croit distinguer la patte de Manuel Valls et de ses acolytes. Elle dit :

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En fait, derrière, il y avait les vallsistes. Maintenant, je connais tout. Les faux sites à l’étranger, diffamatoires, les machins, les enveloppes qui circulent… Ah mais maintenant, je suis incollable. Déjà, j’avais eu Copé, Fillon et Karoutchi… Dans ma famille, je connaissais les méthodes, mais maintenant…

 

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Pour attester de la véracité des propos, le site Le Lanceur publie également un enregistrement sur lequel on distingue très nettement les voix de Valérie Pécresse et de Jean-Jacques Bourdin.

En première ligne dans la guerre interne entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l'UMP à l'automne 2012, Valérie Pécresse, qui soutenait à l'époque l'ancien Premier ministre face au député-maire de Meaux, a semble-t-il pu assister à de grosses manœuvres, en coulisses, destinées à déstabiliser un camp ou un autre. Mais rien, suggère-t-elle, qui fut au niveau des méthodes employée, selon elle, par le camp Valls durant les régionales.

La gauche avait violemment attaqué la liste LR. Le directeur de campagne de Claude Bartoone, Luc Carvounas, avait déclenché les hostilités en portant plainte, en octobre, après la découverte de tracts de Valérie Pécresse stockés dans la mairie de Lizzy-sur-Ourcq, ce qui était contraire au droit électoral. La tête de liste LR avait, quelques jours plus tard, décidé de porter plainte contre le président de l'Assemblée nationale après que ce dernier a écrit sur son blog que "ces errements doivent maintenant cesser".

Le camp socialiste avait également porté plainte contre Geoffroy Didier, le porte-parole de Valérie Pécresse, qui avait fustigé Claude Bartolone pour avoir, soi-disant, fait de Tariq Ramadan "sa boussole" (ce qu'il n'avait pas vraiment dit). Il y avait encore eu cette plainte déposée après la diffusion d'une campagne d'affichage à Argenteuil (Val d'Oise), financée par la ville, dirigée par l'élu Georges Monthron. La gauche avait encore saisi la Commission des comptes de campagne après un tweet sponsorisé de Valérie Pécresse…Etc

Le camp Les Républicains n'avait pas été en reste, portant plainte pour injure après que Claude Bartolone a dépeint dans L'Obs Valérie Pécresse comme une candidate qui "défend en creux Versailles, Neuilly et la race blanche". Plus tôt, le jeune maire LR de Juvisy-sur-Orge, Robin Reda, avait fait distribuer un tract dans les boîtes aux lettres de sa commune sur lequel il présentait Claude Bartolone comme un "parrain", "parfaite incarnation des élus mafieux dont nous ne voulons plus". Notons également que, en pleine campagne, le président du groupe LR du conseil départemental de Seine-Saint-Denis avait saisi le parquet. Une enquête préliminaire avait été ouverte, visant Claude Bartolone sur un possible emploi fictif… Etc.

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