Cécile Duflot accuse Manuel Valls de "sabotage" en signant une tribune contre Benoît Hamon

Publié à 10h33, le 19 mars 2017 , Modifié à 10h36, le 19 mars 2017

Cécile Duflot accuse Manuel Valls de "sabotage" en signant une tribune contre Benoît Hamon
Cécile Duflot. © AFP
Image Sébastien Tronche


SABOTAGE - "Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l'ouvrir, ça démissionne", disait Jean-Pierre Chevènement. Avec l’avènement des primaires, Cécile Duflot pourrait remodeler la célèbre maxime en :

Un candidat défait à la primaire, ça ferme sa gueule ou ça soutient le vainqueur.

Car l’élue EELV, soutien de Benoît Hamon après l’accord entre Yannick Jadot et le candidat socialiste, n’apprécie pas la tribune signée par Manuel Valls ce dimanche dans le JDD. Une tribune dans laquelle l’ancien Premier ministre assume ne pas soutenir celui qui l’a battu à la primaire et rejette les accusations de trahison. Pour Cécile Duflot, qui ne porte pas Manuel Valls dans son cœur, il s’agit tout bonnement d’un "sabotage" de la campagne de Benoît Hamon :

Lorsqu’on perd une primaire, on soutient le vainqueur ou on se tait. La vexation n’autorise pas le sabotage. Encore moins ces accusations.

Alors qu’il s’était engagé à soutenir le vainqueur de la primaire, comme tous les participants à ce scrutin, Manuel Valls a été accusé de "trahison" pour avoir refusé de parrainer Benoît Hamon. Et s’en explique ce dimanche dans le JDD en dénonçant "le cynisme" du camp Hamon. "Quelle ne fut pas mon incrédulité quand certains, gardiens autoproclamés d'une pureté idéologique, ou d'autres, se revendiquant comme les seuls légataires de la gauche, ont voulu faire de cette cohérence une prétendue 'trahison'", s'emporte l’ancien Premier ministre, qui ajoute : 

Que l'on m'explique ! Quelle serait donc cette trahison qui consiste à refuser ce cynisme ambiant où l'on promet tout et son contraire, où l'on signe des chèques en bois, où l'on fait comme si le monde autour de nous n'existait pas ? Quelle est donc cette trahison qui consiste à rester fidèle à ses idées et cohérent avec ses engagements ?

Malgré son non-soutien à Benoît Hamon, Manuel Valls a assuré qu’il "ne quitte pas le PS" appelant une nouvelle fois à un rassemblement de tous les progressistes. Ce qui lui a valu des critiques acerbes de Benoît Hamon et de ses soutiens. Ainsi Arnaud Montebourg a-t-il livré un cinglant réquisitoire contre le manque de loyauté de Manuel Valls, l’accusant de "piétiner le parti dont il s’est copieusement servi". "Je regrette que quand on signe un engagement, on le transforme en chiffon de papier", a-t-il persiflé.

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