Ces parlementaires de gauche qui ont parrainé des candidats à la primaire de la droite

Publié à 20h12, le 12 septembre 2016 , Modifié à 08h52, le 13 septembre 2016

Ces parlementaires de gauche qui ont parrainé des candidats à la primaire de la droite
Nathalie Kosciusko-Morizet et Hervé Mariton ont tous deux reçu le soutien de parlementaires de gauche. © Montage Le Lab via AFP

#SOUTINE - 7 candidatures ont été déposées vendredi 9 septembre auprès de la Haute autorité de la primaire de la droite : celles d'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, François Fillon, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Hervé Mariton. Jean-Frédéric Poisson, lui, était automatiquement qualifié grâce à un accord entre son parti, le PCD, et LR. Certains gros candidats ont fait une démonstration de force en affichant parfois (beaucoup) plus de parrainages requis : 101 pour l'ancien chef de l'État, 82 pour son ex-Premier ministre ou encore 72 pour le maire de Bordeaux.

D’autres candidats ont davantage galéré pour réunir les signatures nécessaires. C’est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’Hervé Mariton. Dans la liste publiée ce lundi 12 septembre par les Décodeurs du Monde, on note que ces deux candidats ont obtenu le soutien de parlementaires de gauche. Il s’agit du député Jérôme Lambert et des sénateurs Mireille Jouve et Michel Amiel, tous trois appartenant au groupe Rassemblement démocratique, social et européen (sur le papier, soutien de la majorité).

Ces parrainages seront-ils validés par la Haute autorité de la primaire de droite ? "Juridiquement, rien ne peut l'empêcher", répond Thierry Solère. Pas de drama en vue, donc. Le député organisateur du scrutin des 20 et 27 novembre expose au Lab que la seule "contrainte était de signer la charte de la primaire au moment du parrainage". Comme les électeurs de cette primaire ouverte, les députés et sénateurs assurent qu'ils adhèrent aux valeurs républicaines et qu'ils s'engagent pour l’alternance en 2017.

Un député LR bien informé ajoute que "la manière dont est rédigée la charte n’est pas difficilement signable par un homme de gauche, tout au moins la première partie sur les valeurs républicaines".

"Sa démarche m’a surpris", raconte Jérôme Lambert, au Lab, qui a reçu une demande d’Hervé Mariton une semaine avant la clôture. Après lui avoir posé "deux ou trois questions", le député de Charente accepte d’envoyer le formulaire à celui qui siège, comme lui, depuis une vingtaine d’années à l’Assemblée nationale. Il explique son choix :

 

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Hervé Mariton représente un courant de pensée. Je soutiens le fait qu’il puisse défendre ses idées au sein de sa famille politique. Soyons clairs : si c’était un guignol qui me demandait de le parrainer, je lui donnerais pas. Mais Hervé Mariton est sincère, honnête, travailleur, il incarne des idées qu’on peut ne pas partager, mais il est porteur de quelque chose. Et même si ça m’arrive souvent de pas être d’accord avec lui pendant les débats à l’Assemblée, les échanges sont toujours possibles.

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Pour autant, Jérôme Lambert n’ira pas voter à la primaire de la droite. Interrogé par le Lab sur la charte d’"alternance" qu’il a pourtant signée, l’élu réplique :

 

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C’est difficile d’envisager que Hollande sera réélu. Rigolons pas. Je me battrai pour que ce soit un autre candidat de gauche car j’ai combattu un certain nombre de choses depuis trois ans.

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Nathalie Kosciusko-Morizet a pour sa part reçu les parrainages des sénateurs RDSE Mireille Jouve et Michel Amiel. Au Lab, le sénateur des Bouches-du-Rhône expose les deux raisons qui l’ont poussé à remplir le formulaire envoyé à la dernière minute par NKM :

 

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Premièrement, parce que je suis au centre-gauche et elle au centre-droit, donc on se retrouve sur des thèmes économiques et sociaux. Deuxièmement, parce que c’est une femme et que j’estime qu’il était dommage que le centre et la droite républicaine n’aient pas une femme candidate. Je lui ai demandé une réflexion de 48 heures. Enfin... je voulais qu’une femme participe à la primaire, mais Nadine Morano m’aurait demandé, je n’aurais pas accepté. Nathalie Kosciusko-Morizet représente pour moi une certaine innovation dans la pensée politique.

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Le sénateur se pose en soutien affiché d’Emmanuel Macron, qu'il est allé écouter à la Mutualité le 12 juillet. Et si l’ancien ministre de l’Economie ne va pas à la présidentielle ? "Je vais être embêté", sourit celui qui n’exclut pas d’aller voter à la primaire de la droite.

Avant d’ajouter : "Contrairement à ce qu’on a pu lire dans La Provence, il n’y eu aucun ordre de Guérini, qui serait un jeu de billard à deux ou trois bandes pour favoriser Nicolas Sarkozy en parrainant Nathalie Kosciusko-Morizet."

Contactée par Le Lab, Mireille Jouve n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations, mais Michel Amiel précise que son choix s’est fait pour les deux mêmes raisons que lui.

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