Ces preuves que François Hollande et Nicolas Sarkozy ont vraiment du mal à décrocher

Publié à 16h23, le 09 mars 2017 , Modifié à 16h23, le 09 mars 2017

Ces preuves que François Hollande et Nicolas Sarkozy ont vraiment du mal à décrocher
François Hollande et Nicolas Sarkozy. © Montage le Lab via AFP.
Image Sébastien Tronche


En juin 2016, Jean-Vincent Placé était persuadé que Nicolas Sarkozy et François Hollande remporteraient leur primaire et s’affronteraient à l’élection présidentielle. Les deux intéressés eux-même semblaient rêver de livrer le match retour de 2012 en forme de revanche. Pas de bol, comme dirait l’autre, mais les deux ont soit perdu soit renoncé à toute candidature. Pourtant, à moins de deux mois du premier tour du scrutin élyséen, tant l’ancien président de LR que le chef de l’Etat sortant pèsent sur la campagne et ne veulent pas raccrocher complètement les crampons. Les preuves.

  • Nicolas Sarkozy

#Don Sarko

Qualifié de "Don Sarko" par Le Monde, Nicolas Sarkozy a officiellement quitté la politique au soir du premier tour de la primaire de la droite, éliminé par François Fillon et Alain Juppé, et décidé, dit-il alors, à se consacrer à "ses passions privées". L’ancien collaborateur a ensuite mis la main sur LR avant que le "Penelope Gate" vienne faire dérailler sa campagne. Alors, en plein psychodrame, Nicolas Sarkozy est réapparu pour peser sur la crise et gérer l’après, tout en plaçant ses pions. Ou comment rester officiellement en retrait tout pesant et en étant toujours dans la place. #PassionPrivée.

#Placer ses pions

Depuis le début de l’affaire Fillon, Nicolas Sarkozy a beaucoup échangé avec le candidat. D’abord pour lui distiller ses conseils pour s’en sortir - "Je lui ai dit de saturer l'espace médiatique : une proposition choc chaque jour" - puis dans l’idée de le faire renoncer avant de finalement placer ses proches aux côtés du candidat. C’est ainsi que François Baroin, Luc Chatel et Christian Jacob ont été promus dans l’organigramme de campagne de François Fillon après les multiples défections d’élus LR. Leur rôle : le rassemblement.

Signe du rôle joué par Nicolas Sarkozy, consulté par les fillonistes Gérard Larcher et Bernard Accoyer : l’aigreur d’Alain Juppé qui a confié, après le climax de la crise traversée par François Fillon, que l’ancien Président avait "tenté de [le] manipuler pour caser François Baroin".

#Contre-diplomatie

Nicolas Sarkozy n’est officiellement plus en politique. Mais avec l’affaire Fillon, il a réussi, à sa manière, à envoyer à la droite quelques cartes postales, continuant de fait à exister politiquement. C’est dans ce contexte, alors que la situation de François Fillon semble stabilisée jusqu’à sa convocation par les juges d’instruction en vue de sa mise en examen, que l’on a appris ce jeudi via la correspondante du Monde en Russie que Nicolas Sarkozy allait rencontrer à Moscou Vladimir Poutine. Une jolie carte postale du Kremlin.

  • François Hollande

#Osef la primaire

Le schéma est différent avec François Hollande. Lui n’a pas pu participer à la primaire, forcé de jeter l’éponge par Emmanuel Macron et celui qui était alors son Premier ministre, Manuel Valls. Le vainqueur de la primaire socialiste de 2011 a alors tout fait pour montrer qu’il se moquait de ce scrutin, éveillant les soupçons sur un éventuel soutien à Emmanuel Macron. Une manière de peser et de démonétiser cette échéance. "Les primaires représentent un véritable échec pour la 5e République", pense-t-il désormais.

#Défenseur de son bilan

S’il ne s’engage nullement en faveur de Benoît Hamon, le candidat du parti qu’il a dirigé pendant plus de dix ans, François Hollande semble en avoir gros de ne pas être au cœur de la campagne présidentielle. Ça le démange. Alors, c’est en tant que chef de l’Etat qu’il "s’implique" à sa façon dans les débats présidentiels. Et puisque le "frondeur" Benoît Hamon ne va pas faire campagne sur le bilan du quinquennat, lui qui estime que la campagne n’est pas à la hauteur fait lui-même le service après-vente de son action.

#Croisade contre le FN

François Hollande ne sera pas le VRP du candidat Hamon ni son chauffeur de salle. En revanche, il a décidé d’affronter le Front national et Marine Le Pen. Il s’agace d’ailleurs d’être, dit-il, "le seul à faire campagne contre Le Pen". Preuve, de son propre aveu, qu’il "fait campagne".

#Défendre la justice

Comme François Fillon, Marine Le Pen est susceptible d’être bientôt mise en examen dans une affaire d’emplois supposés fictifs. Et les deux candidats à l’élection présidentielle n’ont pas eu de mots assez durs contre les juges - comme François Hollande d’ailleurs dans le livre Un Président ne devrait pas dire ça… Et quand le candidat LR fustige la justice et dénonce "un assassinat politique", François Hollande se fend aussitôt d’un communiqué, signé de l’Elysée, pour rappeler qu’être candidat "n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges". Il ne peut y avoir de manifestation mettant "en cause la justice", a-t-il ajouté en défenseur des institutions. Un Président en campagne on vous dit.

#Au cas où

Si la droite a tout tenté pour imposer un "plan B" pour déconnecter François Fillon, la gauche n’a pas les mêmes soucis. Le PS voit Benoît Hamon plafonner dans les sondages loin d’une qualif’ au second tour. Surgit alors l’idée d’un plan H comme Hollande. Ainsi a-t-on appris ce jeudi 9 mars qu'un "matelas de sécurité de 500 parrainages a été mis de côté" au cas où le chef de l'État déciderait finalement de se représenter. Au cas où.

[BONUS TRACK] On est encore là

Cette présence *holographique* de Nicolas Sarkozy et François Hollande nous a fait penser à cette chanson de NTM :



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