Christian Estrosi invente un fait de délinquance à Zyed et Bouna

Publié à 10h16, le 19 mai 2015 , Modifié à 16h18, le 19 mai 2015

Christian Estrosi invente un fait de délinquance à Zyed et Bouna
Montage Le Lab via iTélé

ON PARLE DE QUOI LA ? - Christian Estrosi était légèrement perdu ce 19 mai au micro de iTélé.

Invité à s'exprimer sur la relaxe des deux policiers prononcée par le tribunal de Rennes dans l'affaire Zyed et Bouna, le candidat a d'abord refusé de s'exprimer sur la déclaration polémique de Marion Maréchal-Le Pen.

Mais le député-maire de Nice, qui pourrait abandonner son poste en cas de victoire aux régionales, s'est quand même exprimé sur le jugement rendu le 18 mai en se félicitant de la relaxe des policiers concernés. Il dit :

On ne peut pas le 11 janvier dernier défiler dans les rues de France pour la première fois en applaudissant les policiers et les forces de l'ordre et les forces de sécurité intérieure et les traîner dans la boue après. Surtout quand ils vont à la reconquête de territoires perdus de la République. Donc, je ne peux que me réjouir aujourd'hui qu'ils aient été relaxés. 

Puis, relancé sur l'incompréhension des familles des victimes face au jugement, le maire de Nice prend de nouveau la défense des policiers et formule une solution pour les familles concernées : mieux éduquer leurs enfants pour faire en sorte qu'ils ne soient pas délinquants. Il explique :

Je ne comprends pas que les policiers qui, pendant dix ans, ont souffert avec leurs familles d'avoir été dans la situation où ils ont été, ne soient pas plus soutenus qu'ils ne le sont. Quand il y a un choix à faire, les familles n'ont qu'à éduquer leurs enfants et faire en sorte qu'ils ne soient pas des délinquants. Malheureusement, cela s'est terminé par un événement extrêmement triste, la disparition d'un enfant, et je comprends qu'une famille puisse être triste mais, en même temps, si l'État, de droite comme de gauche, fait son devoir pour que nous fassions disparaître ces cités de non-droit et qu'il y ait une éducation dans notre pays qui ne conduise pas à de tels comportements, on évitera ces drames.

Relancé par le journaliste sur l'innocence présumée des deux jeunes, Christian Estrosi se mélange les pinceaux et confond deux événements : la mort de Zyed et Bouna en 2005 à Clichy-sous-Bois et celle de deux jeunes à Villiers-le-Bel, deux ans plus tard, suite à un accident de deux-roues. Voici l'échange entre les deux hommes :

- iTélé : Là, vous parlez de délinquants mais pour Zyed et Bouna, pour ces deux garçons, il n'y a aucune preuve qu'ils étaient délinquants.



- Christian Estrosi : Mais de quoi parlez-vous ? Ils étaient bien en excès de vitesse. 

Sauf que, non, Zyed et Bouna n'étaient pas en excès de vitesse puisqu'ils étaient ... à pied. Comme le raconte Libération dans son récit de la journée du 27 octobre 2005, jour du drame, les deux jeunes revenaient s'un match de foot et ont couru pour éviter un contrôle d'identité de la part des policiers.

Christian Estrosi semble confondre cette affaire avec celle de Villiers-le-Bel, deux ans plus tard, en 2007. Suite à une collision entre leur deux-roues et un véhicule de police, deux jeunes étaient décédés provoquant plusieurs nuits d'émeutes dans la ville. Cependant, aucun lien n'existe entre les deux affaires.

Une vidéo isolée par le Lab à retrouver ci-dessous :



Ce n'est pas la première fois que Christian Estrosi est pris la main dans le sac de l'intox. Pas plus tard que le 18 mai, il réécrivait son texte pour évoquer la hausse des demandes d'asile après avoir été mis face au fait accompli. 

 

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