Christian Paul se félicite de voir Jean-Christophe Cambadélis reprendre certaines propositions des frondeurs

Publié à 11h21, le 15 avril 2015 , Modifié à 11h33, le 15 avril 2015

Christian Paul se félicite de voir Jean-Christophe Cambadélis reprendre certaines propositions des frondeurs
Christian Paul © Images LCI

RÉCUP' (MAIS EN BIEN) - "Nous sommes avant tout dans la proposition. Je ne suis jamais dans l'opposition systématique, je suis dans la majorité. Simplement, cette majorité vient de subir quatre défaites successives, il est temps de changer de politique." Voilà le positionnement équilibriste de Christian Paul, premier signataire de la motion de l'aile gauche du PS pour le congrès de Poitiers, résumé en une phrase. 

Le député de la Nièvre se voit non comme un "frondeur" mais comme un "éclaireur" et se donne pour but "d'inspirer les politiques qui sont menées". Et ce mercredi 15 avril sur Radio Classique et LCI, Christian Paul est plutôt content de lui. Pas seulement car, fort de sa ressemblance avec le pape, il se mesure personnellement à Jean-Christophe Cambadélis pour prendre la tête du PS. Non, c'est surtout parce que le Premier secrétaire aurait fait siennes certaines idées... des frondeurs.

Ce proche de Martine Aubry explique :

 

Je vois aujourd'hui comme un hommage [le fait] que Jean-Christophe Cambadélis, dans son texte, reprend 3 ou 4 des idées pour lesquelles nous nous battons depuis un an.

La motion majoritaire, qui rassemble de Manuel Valls à Marine Aubry, reprendrait donc quelques propositions portées par ces députés opposés à la politique économique du gouvernement. Christian Paul détaille la première, la réforme fiscale :

La réforme fiscale, qui a été balayée par Manuel Valls. Plus de justice fiscale, c'est pas simplement une réforme fiscale. C'est un impôt progressif, un impôt citoyen, l'impôt à la source, c'est la justice sociale enfin dans un système fiscal totalement miné par les injustices et les niches fiscales.

 

Notez que cette réforme fiscale est également ardemment défendue par Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry, tous deux assez peu proches du Premier ministre. Dans sa contribution, Jean-Christophe Cambadélis écrit :

Pour combattre les inégalités à toutes les échelles, du local au global, nous croyons à l’impôt citoyen, progressif et redistributif, contribution de chacun à l’effort collectif, à la solidarité nationale, la préparation de l’avenir et la préservation de la planète. Notre diagnostic sur l’injustice de notre système fiscal, formulé dans notre projet de 2012, reste pertinent. Plus que jamais, la grande réforme fiscale que nous avons voulue doit être menée à bien.



Pour les ménages, nous souhaitons que le chantier de l’impôt citoyen soit engagé dès le projet de budget pour 2016 par un prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu et une réduction de la CSG sur les premières tranches de revenus. Lisible pour le contribuable, cette première étape permettra de poser le socle du rapprochement entre l’impôt sur le revenu et la CSG.

Mais ce n'est pas tout. Selon Christian Paul, le travail du dimanche rapprocherait aussi les deux franges du PS :

 

Tenez, un autre exemple : dans le texte de Jean-Christophe Cambadélis, [...] il est dit 'il ne doit pas y avoir plus de dimanches travaillés'. Très bien, mais dans ce cas-là, quand la loi Macron revient à l'Assemblée nationale, il est important que les décisions du Parti socialiste - ils le proposent, nous le proposons également - s'appliquent. Donc pas davantage de dimanches travaillés.

De fait, le patron de Solférino écrit :

 

Nous sommes opposés à une nouvelle extension du travail du dimanche. C’est d’abord un choix de société : la consommation ne peut être l’alpha et l’oméga de nos vies. Le dimanche doit d’abord être un moment du vivre ensemble. C’est une question de protection des salariés les plus fragiles pour lesquels la liberté de choix n’existe pas réellement, de protection des petits commerces qui restent souvent les dernières activités présentes dans les quartiers en difficulté et dans les zones rurales désertifiées.

Soit presque mot pour mot le cœur de l'argumentation des socialistes qui s'étaient opposées au gouvernement sur ce point de la loi Macron. En revanche, "Camba" ne remet pas en cause l'élargissement des conditions d'autorisation du travail dominical déjà permis par le texte du ministre de l'Économie. 

Quoi qu'il en soit, Christian Paul assure que si ces idées sont aujourd'hui défendues par Jean-Christophe Cambadélis, l'apéro auxquels les frondeurs ont été invités, à l'Élysée le 11 mars dernier, n'y est pas étranger :

 

[François Hollande] nous a dit qu'il cherchait des initiatives pour relancer l'économie ; nous lui en avons proposé quelques unes et je vous l'ai dit, j'en retrouve même dans ce que propose aujourd'hui Jean-Christophe Cambadélis. Donc continuons le combat. Quand on défend des idées avec conviction, qu'on ne cède pas au premier obstacle, c'est vrai depuis un an - parfois pas très nombreux, de plus en plus nombreux maintenant... Nous avons fait des propositions, je vois qu'elles commencent à être entendues.

La majorité gouvernementale et les frondeurs seraient-ils sur le point de retrouver un point d'accord ? C'est que la motion majoritaire en question, qui se veut "de synthèse", porte un certain nombre d'idées pas tout à fait dans la ligne actuelle de l'exécutif. Certainement le prix du très remarqué - et critiqué - soutien de Martine Aubry, au détriment de la motion des frondeurs...

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[BONUS TRACK] Vilain Guillaume Durand, vilain

Sachez-le : Christian Paul ne dira pas de mal de Martine Aubry (contrairement à *certains* autres, légitimistes comme frondeurs). Même quand son interlocuteur y va franco. Sur Radio Classique ce mercredi, cela a donc donné lieu à cet échange entre le journaliste Guillaume Durand et le député de la Nièvre :

- Christian Paul : [Martine Aubry] a considéré qu'elle pouvait être efficace autrement que dans le congrès, en discutant directement avec le président de la République.



- Guillaume Durand : Tout le monde a cru et vous le premier qu'elle allait vous rejoindre dans cette affaire, et d'un seul coup, plus personne ! Les mauvaises langues vont dire 'elle est comme son père, elle y va puis n'y va pas'...



- Christian Paul : Oui mais c'est très désagréable, ça. Moi j'ai pas envie d'être désagréable ce matin avec Martine Aubry.

Une leçon de gentillesse à revoir dans cette vidéo isolée par Le Lab :



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