Christine Boutin s'en va, ses propos restent

Publié à 17h15, le 21 octobre 2017 , Modifié à 17h28, le 21 octobre 2017

Christine Boutin s'en va, ses propos restent
Christine Boutin © BERTRAND GUAY / AFP
Image Etienne Baldit


Mort (politique) de #Boutin (souvenez-vous). Candidate à la présidentielle en 2002, ministre de Nicolas Sarkozy, députée plus de 20 ans durant, présidente du Parti chrétien démocrate, dont elle reste présidente d'honneur... Depuis quelque temps déjà, Christine Boutin était sérieusement en retrait de la politique nationale. Elle est désormais retraitée de la politique tout court puisqu'elle annonce, samedi 21 octobre, sa démission de son dernier mandat, celui de conseillère départementale des Yvelines.

L'occasion, forcément, de nous replonger dans nos nombreuses archives à son sujet. Alors il y a celles qu'on prend plaisir à consulter à nouveau : toutes ces fois où elle est tombée dans le panneau de divers canulars et sites parodiques, par exemple (ici, ou encore ).

On ne va pas se le cacher : ça va nous manquer.

Et puis il y en a d'autres qui font beaucoup moins rigoler. D'autant moins que, comme elle l'a précisé ce samedi, Christine Boutin "n'abandonne pas [son] rôle d'influence" et entend bien continuer à s'exprimer publiquement, conservant tout son "intérêt pour la politique".

Ces archives-là ont un point commun majeur : leur vieux fond homophobe. Comme ce jour de février 2013 où elle expliquait que le mariage pour tous actait tout simplement le début de "la fin des droits de l'homme". C'était quelques semaines après avoir considéré qu'"il y a un lobby gay important auprès de Marine Le Pen". Plus récemment, en juin 2015, elle innovait encore sur ce terrain en relayant un billet de blog antisémite expliquant que le mariage gay aux États-Unis était le fait de juges juifs (elle ne s'était, à l'entendre, pas rendu compte du caractère antisémite de la chose et avait supprimé son tweet). Sans oublier, évidemment, son historique "l'homosexualité est une abomination" ; des propos qui lui ont valu une condamnation - en première instance et en appel - pour "provocation publique à la haine ou à la violence".

On se souviendra également de son opposition constante aux femmes qui dénoncent des faits de harcèlement ou d'agression sexuel(le), elle pour qui "les femmes ont besoin de vrais hommes et pas de guimauve féminisée". En mai 2016, elle disait ainsi avoir "honte" et "vraiment marre" des 17 anciennes ministres qui avaient signé une tribune anti-harcèlement sexuel dans Le JDD, dans la foulée de l'affaire Baupin. C'est que pour elle, si certaines femmes se font harceler, elles y sont un peu pour quelque chose : toujours en mai 2016, elle s'était ainsi livrée à une explication selon laquelle "il y a des femmes avec lesquelles on peut aller plus loin et d'autres femmes avec lesquelles on ne peut pas aller plus loin".

C'est d'ailleurs toujours son opinion aujourd'hui. Ce samedi, annonçant donc à la fois sa retraite politique officielle et son intention de continuer à donner son avis, elle s'est en effet exprimée sur le contexte actuel de libération de la parole des femmes victimes d'actes de harcèlement et/ou d'agression, à travers les hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo nés de l'affaire Weinstein.

"Je ne pense pas que cette espèce de torrent de révélations soit nécessaire", a affirmé Christine Boutin en évoquant un "dégueulis d'accusations", comme le rapporte l'AFP. Le "climat du moment" est "insupportable" et risque d'"abîmer profondément les relations entre les hommes et les femmes", a-t-elle encore jugé, trouvant regrettable que les femmes en viennent à avoir des "a priori" dès qu'elles reçoivent un compliment. "La grivoiserie fait partie de l'identité française et j'aime bien la grivoiserie", a-t-elle fait valoir.

Une dernière pour la route... avant la prochaine.

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