Christophe Boudot, tête de liste FN en Rhône-Alpes-Auvergne, explique pourquoi il aurait été pétainiste en 1940

Publié à 06h58, le 24 novembre 2015 , Modifié à 13h12, le 25 novembre 2015

Christophe Boudot, tête de liste FN en Rhône-Alpes-Auvergne, explique pourquoi il aurait été pétainiste en 1940
Christophe Boudot © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Image Sylvain Chazot


Parfois, au Front national, certains parlent de Philippe Pétain. Et, parfois, au Front national, certains en disent du bien. Jean-Marie Le Pen peut en attester, lui qui a été exclu du parti pour avoir notamment défendu le maréchal dans la revue d'extrême droite Rivarol. C'est pourtant à cet exercice que se livre Christophe Boudot, tête de liste FN pour les régionales Rhône-Alpes-Auvergne.

Dans le numéro de novembre du magazine Lyon Capitale, Christophe Boudot répond à une question sur 1940 et le régime de Vichy, une date qu'il a déjà évoquée de lui-même peu avant en expliquant que la France avait connu "des fractures énormes en 1940 et 1968". Ce parallèle vous posant un personnage, on comprend où le frontiste veut en venir.

Il dit :

La droite nationale s'est séparée en deux en 1940. Mais beaucoup de pétainistes étaient germanophobes. Mais le dire, c'est défendre les pétainistes. Je ne suis pas nostalgique de Pétain. Comme une grande partie des Français, j'aurais été pétainiste en 1940, mais je serais rentré très vite dans la résistance. De le dire, je vais passer pour un pétainiste. Tous les Français étaient pétainistes en 1940.

Christophe Boudot revendique le droit de pouvoir parler de Vichy sans être taxé de collabo. D'après le chef de file frontiste en Rhône-Alpes-auvergne, "les observateurs font trop d'idéologie". En fin connaisseur, il explique dès la phrase suivante que "son premier geste de président [du conseil régional] sera de débaptiser la place François Mitterrand, un ancien vichyste".

Au FN, certains se sont fait taper sur les doigts pour avoir tenu des propos sur ce thème. Jean-Marie Le Pen, lui, s'est carrément fait lourder après avoir largement défendu le maréchal Pétain – et un peu critiqué Florian Philippot. Ce qui ne se fait pas.

Christophe Boudot, lui, veut faire passer un message d'apaisement. Il poursuit :



Je me sens bien dans le FN d'aujourd'hui même si des choses peuvent me déplaire. Je n'aurai jamais voté l'exclusion de Jean-Marie Le Pen. Mais ses propos ne doivent plus engager le FN.

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