Claude Bartolone et sa "boussole" Tariq Ramadan : qu'a vraiment dit le candidat en Ile-de-France ?

Publié à 07h40, le 26 octobre 2015 , Modifié à 07h55, le 26 octobre 2015

Claude Bartolone et sa "boussole" Tariq Ramadan : qu'a vraiment dit le candidat en Ile-de-France ?
© AFP

Sa déclaration soulève la droite depuis dimanche. Le 25 octobre, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale mais surtout tête de liste socialiste pour la région Ile-de-France, invité du Forum Radio J, est interrogé sur "la montée du salafisme dans certains quartiers". Le candidat va alors se référer à une pensée du controversé Tariq Ramadan, spécialiste de l'islam et professeur à l’université d'Oxford. Il évoque "une boussole qui [le] sert dans [son] engagement politique, celle issue de la pensée de Monsieur Ramadan".

Porte-parole de Valérie Pécresse, principale concurrente de Claude Bartolone pour la région, Geoffroy Didier dégaine le premier, repris par sa candidate :

Ils se réfèrent ici à un débat de 2003 dans lequel Tariq Ramadan avait affirmé face à un certain Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, sur la question de la lapidation des femmes : "Je sais que ma position est minoritaire dans le monde musulman et je demande un moratoire pour qu'il y a un vrai débat entre les musulmans."

D'autres à droite vont également s'indigner sur Twitter, notamment les deux porte-parole de Les Républicains, Lydia Guirous et Sébastien Huyghe.

Réaction de Claude Bartolone ? Il crie à la diffamation et annonce porter plainte :

Son directeur de campagne précise au Scan que seul Geoffroy Didier sera visé car il est "l'initiateur" de la diffamation.

Mais au fait, qu'a vraiment dit Claude Bartolone ce dimanche 25 octobre sur Radio J ?  Le passage se retrouve sur le site de l'émission à partir de la 25e minute. Voici l'intégralité des propos du candidat interrogé, on le rappelle, sur la montée du salafisme dans certains quartiers :

"

Qu’il y ait des poches qui existent – et il faut les combattre – c’est tout à fait vrai. (…) Il y a une phrase que j’ai toujours en tête et qui me sert de boussole dans mon engagement politique. C'est celle issue de la pensée de Monsieur Ramadan qui tenait ce discours en direction des enfants issus de l'immigration : “Vous ne serez plus jamais Sénégalais, Marocains, Algériens, Tunisiens, Égyptiens mais vous ne serez jamais Français donc vous êtes musulmans. Et il leur présente cette idée d’appartenir à une religion – ce que permet, et heureusement, un État laïc – comme une identité de substitution.



Et là il faut y être très attentif.



Et c’est là où je renvoie à ces questions de politique de la ville. Quand vous constatez les discriminations à l’embauche, qu’il y a deux fois plus de chômage dans les quartiers populaires, lorsque vous constatez cette reproduction des élites qui donne l’impression à un certain nombre d’enfants que, quel que soit leur mérite, en fonction de leur adresse, de la couleur de leur peau ou du pays d’origine de leurs parents, ils ne connaîtront jamais l’égalité réelle, eh bien il peut y avoir ce genre de mouvement, de se reconnaître dans une identité religieuse. Mais c’est extrêmement minoritaire.

"

Claude Bartolone ne prend donc pas ici pour modèle la parole de Tariq Ramadan. Il demande - en ayant en tête cette réflexion du théologien - d'être "attentif" à ces jeunes qui choisissent la religion comme "identité de substitution", généralement par rejet d'une société qui les "discrimine", et qui peuvent être tentés par un islamisme plus radical.



 

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