Colonisation et "crime contre l’humanité" : Macron ne pensait pas à la "notion juridique", selon une proche

Publié à 12h50, le 16 février 2017 , Modifié à 12h50, le 16 février 2017

Colonisation et "crime contre l’humanité" : Macron ne pensait pas à la "notion juridique", selon une proche
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Julien Chabrout


Mardi 14 février, lors d’un déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de "crime contre l’humanité" auprès de la télé algérienne Echorouk News. Plusieurs élus FN et LR ont fait part de leur indignation après cette sortie du candidat à la présidentielle d’En Marche! Au gouvernement, les propos d’Emmanuel Macron ont aussi suscité une gêne, mais dans une moindre mesure. C’est le cas de la ministre écologiste du Logement Emmanuelle Cosse, pour qui ce terme "n’est pas approprié à la situation", et de la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol. "C’est une qualification juridique qui n’est pas juste, il faut la réserver aux situations qui le méritent", a-t-elle estimé ce jeudi 16 février sur Radio Classique et Paris Première.

Mais tous ces élus ont en fait mal compris Emmanuel Macron. C’est en tout cas ce qu’a estimé l’une de ses soutiens, la sénatrice de Paris Bariza Khiari sur BFMTV. Elle a déclaré :

 



Il n’a pas employé le terme "crime contre l’humanité" dans sa notion juridique. Parce que dans ces conditions, ça serait imprescriptible. Il l’a utilisé en disant : ‘c’est un crime contre l’humain’.

Pour cette proche du candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron a donc lancé sans vraiment réfléchir une expression aussi lourde juridiquement (et politiquement) sans vraiment savoir ce qu’il faisait. Un bien curieux argument qui ne rend pas vraiment service à l’ancien ministre de l’Economie.

Selon la chercheuse en histoire Laurence De Cock, dans le cas de la colonisation en Algérie, "on peut parler de massacres de masse" mais en revanche "la qualification de ‘crime contre l’humanité’ est inappropriée, en tout cas dans sa dimension juridique car c’est la seule définition qu’on lui connaît définie à Nuremberg".

 



 



Bien que l’expression ne soit pas à cette époque pas nouvelle, le "crime contre l’humanité" est une notion juridique apparue en 1945 lors du Tribunal militaire international de Nuremberg lors duquel ont été jugés les crimes du régime nazi. Elle désigne "une violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux". 

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