Comme Nadine Morano et Marine Le Pen, la députée LR Valérie Boyer s'étonne que les réfugiés quittent la Syrie plutôt que de se battre

Publié à 16h35, le 10 février 2016 , Modifié à 16h35, le 10 février 2016

Comme Nadine Morano et Marine Le Pen, la députée LR Valérie Boyer s'étonne que les réfugiés quittent la Syrie plutôt que de se battre
Valérie Boyer © JACQUES DEMARTHON / AFP
Image Sylvain Chazot


Prostitution. Viols. Harcèlement. "Force est de constater qu'un grand nombre de migrants ne partagent pas notre conception du droit des femmes." Ainsi parle ce mercredi 10 février la députée Les Républicains Valérie Boyer lors de la séance de questions au gouvernement. L'élue des Bouches-du-Rhône a décidé de marquer son opposition à l'accueil de migrants, quitte à utiliser des raccourcis. Le premier généralise la vision des femmes par les réfugiés. Le second reprend une rhétorique chère à une partie de l'échiquier politique : s'étonner que les réfugiés quittent leur pays en guerre. Elle dit :



Alors que nos parents et nos grands-parents sont restés en France pour combattre le nazisme, pourquoi de jeunes hommes en capacité de se battre, qui composent la majorité des migrants, clandestins ou réfugiés nul ne le sait, quittent leur pays au lieu de lutter pour leur liberté ?

Un passage isolé par le Lab à voir ci-dessous en vidéo :





La remarque de Valérie Boyer déclenche la colère d'une partie de la gauche. Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'une élue LR reprend cette rhétorique. En août, sur Europe 1, Nadine Morano avait tenu quasiment le même discours. Voici ce qu'avait déclaré l'eurodéputée :

Et puis je vais vous dire hein, on dit "ils quittent leur pays, ils fuient la guerre". Heureusement qu’on n’a pas fait pareil, nous, en 39-45 ou en 14 ! On a tous des aïeux qui reposent dans la terre de France qui se sont battus pour la liberté et pour sauver la France.

Alors moi je dis qu’il faudrait aussi que ces personnes, plutôt que de fuir, car ce n’est pas la solution, se battent pour leur pays et qu’on les accompagne dans ce combat !

Un mois plus tard, c'était au tour de Marine Le Pen de dire que, à la place des Syriens, elle resterait au front et se battrait pour sa liberté. C'était sur France Inter, le 15 septembre :



Si j'étais habitante d'un pays en guerre, je pense que comme beaucoup de Syriens d'ailleurs le font contre l'État Islamique, je me battrais. Je me battrais contre ceux qui sont en train de détruire mon pays, je me battrais contre ceux qui sont en train de semer le chaos, le meurtre de masse et les tortures, je ne partirais pas dans un autre pays.

Si j'étais. Toute la beauté du conditionnel est là.

Même si la comparaison est périlleuse, on rappellera juste que, en France, lors de l'invasion allemande en 1940, près de huit millions de Français ont fui le Nord pour rejoindre le Sud et échapper ainsi à l'avancée de l'Allemagne nazie. Il s'agit de l'exode de 1940, un mouvement de masse affectant un quart de la population française. Si les frontières n'ont pas toujours été traversées, il s'agissait bien de fuir la zone occupée pour chercher la sécurité dans la zone libre. Sans parler de ceux partis en Angleterre pour résister...

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