Comment faire reculer le gouvernement, par Matignon

Publié à 07h40, le 28 juillet 2015 , Modifié à 11h39, le 28 juillet 2015

Comment faire reculer le gouvernement, par Matignon
© THOMAS SAMSON / AFP

RECULADE - Cela relève de l'évidence, du lieu commun, mais ça va toujours beaucoup mieux en le disant. Surtout quand c'est Matignon qui l’exprime et le reconnaît. Comment enquiquiner le gouvernement et le faire reculer sur une réforme qui soulève de fortes oppositions ? Une telle réussite n'est pas donnée à tout le monde et les professions capables d'opérer d'importants blocages sont les plus douées à ce petit jeu.

Dans L'Opinion de ce mardi 28 juillet, "Matignon" reconnaît donc que ce qui "marche" pour bouleverser les plans gouvernementaux, ce sont "les mouvements qui bloquent". Une référence à la récente crise des éleveurs qui a poussé de nombreux agriculteurs, aidés de leurs imposants tracteurs, à bloquer des lieux stratégiques comme ils ont pu le faire au niveau du pont de Normandie ou aux frontières allemandes ou espagnoles. Ou comme ce qu'ils prévoient de faire ce mardi en bloquant des autoroutes.

Ainsi "s’inquiète-t-on à Matignon", revenant sur la crise des agriculteurs et les mises en garde faites par le ministre du secteur, Stéphane Le Foll :

"

Cela fait des mois qu’il a nous a alerté, il a même signé un accord (ndlr : le 17 juin dernier), après il y a un le ras bol. Parfois, on peut être étonné qu’il n’y en n’ait pas plus. Qu’est-ce qui marche ? Ce sont les mouvements qui bloquent.

"

Un terrible aveu, mais qui n'a rien de surprenant, de la part de la direction du gouvernement. Cela pourrait aussi donner des idées à d’autres oppositions aux projets de la majorité. Mais ils savent désormais que leur succès dépendra de leur capacité de nuisance.

Sans remonter très loin dans le passé, la mobilisation massive, et parfois borderline, des taxis contre Uber Pop, qui ont notamment bloqué avec force la porte Maillot à Paris, en donne également un exemple.

Du rab sur le Lab

PlusPlus