Comment François Fillon justifie que sa femme ait juré n'avoir "jamais été son assistante"

Publié à 16h45, le 06 février 2017 , Modifié à 17h48, le 06 février 2017

Comment François Fillon justifie que sa femme ait juré n'avoir "jamais été son assistante"
Image Etienne Baldit


Outre les interrogations factuelles et les diverses révélations, c'est l'un des principaux éléments de l'affaire des emplois fictifs présumés de Penelope Fillon. Cette phrase de 2007, alors qu'elle est censée avoir commencé à travailler comme assistante parlementaire des années plutôt : "Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre-là." Lors de sa grande conférence de presse en forme d'opération vérité de la dernière chance, lundi 6 février, le candidat à la présidentielle s'est exprimé à ce sujet, d'abord à son initiative puis en réponse à une question d'une journaliste. 

Lors de sa déclaration, François Fillon a d'abord affirmé :

On s'appuie sur une interview en anglais complètement sortie de son contexte. [...] Oui, elle n'a jamais été ma subordonnée, elle a toujours été d'abord et avant tout ma compagne de travail.

Aujourd'hui, on retourne cette discrétion contre elle et contre moi. Eh bien moi je vous le dis : sa façon de faire était digne.

Et d'évoquer une "interview toute en pudeur".

Sa réponse à une question a ensuite été plus vibrante : 

Comment peut-on imaginer un instant que mon épouse ne soit pas au courant du travail qu'elle effectue pour moi ? Comment peut-on imaginer un seul instant que mon épouse, qui a travaillé avec moi pendant près de trente ans, puisse l'avoir fait à l'insu de son plein gré ? Oui mon épouse était au courant, mon épouse est ma collaboratrice.

Elle a fait cette déclaration, reprise dans une émission à charge ['Envoyé Spécial', ndlr], où on a sciemment pris des morceaux de phrases retirés de leur contexte. Je rappelle que c'était une émission en langue anglaise qui s'adressait à un public anglais [...].

Je tiens à préciser que la journaliste [qui avait réalisé cette interview] s'est manifestée personnellement auprès de mon épouse pour lui dire à quel point elle était choquée de l’utilisation qui avait été faite de ces propos.

Pour résumer : 1) C'était sorti de son contexte, 2) c'était une traduction et 3) elle a dit ça mais en fait c'est parce qu'elle n'a "jamais été sa subordonnée".

[BONUS TRACK]

La journaliste britannique Kim Wilsher a-t-elle été "choquée de l'utilisation" de cette interview de 2007 par Envoyé Spécial ? Éric Ciotti avait avancé le même argument, jeudi 2 février, sur BFMTV... provoquant cette réponse sans équivoque de l'intéressée, diffusant un de ses articles à propos de l'affaire actuelle et de la façon dont ce vieil entretien en est devenu un élément-clef :

Lire l'article svp. Il y a RIEN dedans qui dénonce Envoyé Spécial. RIEN. 

Comment les fake news [fausses informations, ndlr] se répandent. C'est complètement fou. Un député français et BFMTV rapportent une traduction déformée d'un de mes articles.

Ce lundi, la même Kim Wilsher a "fermement" démenti la version des faits rapportée par François Fillon, expliquant : 



Je tiens à le dire très nettement : je n'ai jamais dénoncé l'enquête d'Envoyé Spécial. Ils ont fait leur boulot. Il y a une fausse rumeur, qui part de faux tweets. Si je suis choquée, c'est par cette fausse rumeur.

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