Comment le FN exagère l'instauration de l'enseignement de l'arabe au CP voulue par Najat Vallaud-Belkacem

Publié à 12h08, le 31 mai 2016 , Modifié à 13h17, le 31 mai 2016

Comment le FN exagère l'instauration de l'enseignement de l'arabe au CP voulue par Najat Vallaud-Belkacem
Najat Vallaud-Belkacem © AFP
Image Sylvain Chazot


غسل دماغ  - Où l'on reparle de l'enseignement de l'arabe à l'école primaire. Et pas en bien. Ce mardi 31 mai, le secrétaire général du FN Nicolas Bay, suivi de près par le maire de Béziers Robert Ménard, ont dénoncé une initiative de Najat Vallaud-Belkacem qui voudrait instaurer l'enseignement de l'arabe dès le CP. Le premier s'est demandé si l'enseignement du français était "en option". Le second a quant à lui considéré que cette mesure était la preuve que le pays était entré "dans un processus de défrancisation évident". Florian Philippot a, quant à lui, estimé que "des cours renforcés de français pour tous seraient infiniment préférables".Louis Aliot a, pour sa part, dénoncé "une hérésie"











D'autres élus frontistes, comme le conseiller régional d'Île-de-France Jordan Bardella, ou celui de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, ont suivi sur le même ton. Ce dernier a même estimé que la ministre avait pour finalité de "dissoudre notre identité nationale". 





Le candidat à la primaire de la droite Jean-Frédéric Poisson a, quant à lui, estimé que Najat Vallaud-Belkacem n'aimait pas la France.





Les politiques, pour alimenter leur réflexion, se référaient à un tweet du journaliste Jean-Jacques Bourdin et citant Najat Vallaud Belkacem de cette manière : "L'enseignement de l'arabe se fera dès le CP, dès qu'on aura les moyens pour le faire". Ce message est censé illustrer les propos tenus par la ministre de l'Éducation nationale ce mardi sur BFMTV. Il a, depuis, été supprimé et remplacé par celui-ci : 





Disons-le d'emblée, non, Najat Vallaud-Belkacem n'entend pas instaurer l'enseignement de la langue arabe dès le CP en France. La réalité est un tout petit peu plus compliquée. Comme l'a déjà expliqué la n°4 du gouvernement, la réforme mise en place vise à intégrer dans le socle commun les langues enseignées dans le cadre des Enseignements de langues et de cultures des communautés d'origine (Elco). Les conventions Elco avaient été mises en œuvre "sur la base d'accords bilatéraux prenant appui sur une directive européenne du 25 juillet 1977 visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants", peut-on lire sur le site du ministère de l'Éducation nationale. Ces enseignements concernent depuis cette date neuf pays : l'Algérie, la Croatie, l'Espagne, l'Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie.

Comme annoncé dès janvier, l'apprentissage d'une langue vivante 1 sera possible dès le CP. Il pourra s'agir de l'anglais, de l'allemand ou d'une des langues évoquées plus haut, dont l'arabe. Les élus frontistes ne se sont en revanche pas inquiétés de la possibilité que soit enseigné, dès le primaire, le serbe ou l'espagnol. 

Mardi, la ministre de l'Éducation nationale a bien dit que l'arabe pourra être enseigné dès la classe de CP "dès lors que "l'on a les moyens humains pour le faire". Sauf que cette mesure concerne l'arabe et les autres langues des pays suscités. Le choix sera donné aux parents d'élèves.

Si le sujet revient en force aujourd'hui, c'est parce que Najat Vallaud-Belkacem veut mettre fin au système Elco qui faisait que l'"on faisait venir des enseignants étrangers de ces pays pour enseigner ces langues chez-nous", a-t-elle rapporté ce mardi. Mercredi 25 mai, la députée LR Anne Genevard a expliqué, lors de la séance des questions au gouvernement, que l'enseignement de la langue arabe pourrait miner la "cohésion nationale".

Pas d'accord, a répondu Najat Vallaud-Belkacem. Pour elle, c'est le système Elco qui pouvait aboutir à une dérive communautariste car ces enseignants venus de l'étranger "n'étaient globalement pas ou très peu contrôlés" par l'Éducation nationale. La réforme voulue par Najat Vallaud-Belkacem implique donc d'intégrer les langues concernées par les Elco dans le socle d'apprentissage des langues à l'école primaire.

Najat Vallaud Belkacem a détaillé :

Notre idée c'est que, désormais, on va passer à un système où on continuera à faire appel à des enseignants étrangers parce que sinon on n'aura pas suffisamment de professeurs des écoles formés pour enseigner cette diversité de langues vivantes. Mais ces intervenants étrangers, c'est nous qui concocterons le programme, qui le vérifierons, qui l'évaluerons. Nous inspecterons ces enseignants. Ils seront intégrés aux équipes pédagogiques. Ils seront recrutés sur un certain nombre de critères dont la maîtrise de la langue française, tous sujets qui n'étaient pas réglés avant. On passe vraiment à un tout autre système beaucoup mieux maîtrisé, beaucoup mieux contrôlé mais dans lequel on donne  quand même la possibilité aux enfants d'avoir accès y compris à des langues dites rares et, ce faisant, je ne parle pas de l'arabe parce que je ne considère pas que ce soit une langue rare.





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