Comment les candidats à la primaire de la droite s’emparent de la victoire de Donald Trump

Publié à 12h02, le 09 novembre 2016 , Modifié à 12h04, le 09 novembre 2016

Comment les candidats à la primaire de la droite s’emparent de la victoire de Donald Trump
Les candidats à la primaire de la droite lors du premier débat. © AFP

Depuis que la victoire de Donald Trump, élu président des Etats-Unis face à Hillary Clinton, est actée, toute la classe politique voit le successeur de Barack Obama à sa porte et des raisons de se réjouir, de mettre en garde ou de vanter son propre discours. Et les candidats à la primaire de la droite, d’Alain Juppé à François Fillon en passant par Bruno le Maire, Nicolas Sarkozy ou Jean-Frédéric Poisson, n’ont pas manqué de s’engouffrer dans cette brèche, tout en en profitant pour rappeler leur programme et leur positionnement.

#Juppé et "la démagogie"

Une réaction des plus froides. Alain Juppé, qui ne félicite pas explicitement Donald Trump, a préféré souligner les risques que "la démagogie et l’extrémisme font courir à la démocratie". Suivez son regard, il se porte clairement vers la politique franco-française et vers qui-vous-savez. C’est également une mise en garde envers son propre électorat à quelques jours du premier tour de la primaire.

#Sarkozy et "la pensée unique"

A l’instar de Donald Trump, Nicolas Sarkozy a orienté sa campagne pour la primaire vers un discours anti-élites. L’ancien chef de l’Etat se veut le représentant du peuple et de la "majorité silencieuse" contre "l’establishment" et la "pensée unique". Dans une courte allocution ce mercredi 9 novembre, Nicolas Sarkozy a analysé la victoire du Républicain américain sous le prisme de la défaite de cette même "pensée unique". Pile poil son discours pour cette primaire.

#Fillon, la neutralité

Candidat "sobre", qui veut avoir le "courage" de dire "la vérité" (cf son slogan de campagne), François Fillon a été le premier à réagir. Et le plus neutre aussi. En quelques lignes, l’ancien Premier ministre s’est contenté de déclarer que "la démocratie américaine doit être respectée".

#Le Maire, le renouveau

Bruno "Le renouveau" Le Maire, qui a fait de ce concept sa marque de fabrique pour cette campagne de la primaire, a lui aussi trouvé dans la victoire de Donald Trump de quoi apporter de l’eau à son moulin. Lui qui ne cesse de répéter qu’il n’a jamais vraiment été au pouvoir (ni Président ni Premier ministre, s’entend), a ainsi analysé ce résultat :

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Pourquoi Donald Trump a-t-il été élu ? Parce qu’il a su entendre le peuple américain et parce qu’il n’a jamais dirigé les Etats-Unis.

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Là encore, suivez son regard, il pointe directement les trois favoris du scrutin, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon. Toute ressemblance, bien évidemment…

#NKM et le monde qui change

Seule femme de la primaire, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se trouvait des "proximités" avec Hillary Clinton, a d’abord concédé, sur Europe 1, qu’il "va falloir travailler" avec Donald Trump. Puis, comme les autres candidats, elle a analysé cette élection sous le prisme de sa propre campagne et de son programme, axé sur le monde de demain et les évolutions dues au numérique :

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Ça dit plutôt quelque chose de l’urgence à faire en sorte que la grande transformation que l’on vit en ce moment dans la société, dans l’économique, notamment du fait du numérique, puisse profiter à tout le monde.

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#Poisson et Copé contre les sondages

Ils sont les plus distancés selon les sondages. Mais les deux hommes voient dans la victoire de Donald Trump, faisant mentir tous les récents sondages sur la présidentielle américaine, une raison d’espérer. C’est la "première leçon" que veut tirer Jean-François Copé de cette élection. "C’est une nouvelle, une énième leçon sur les sondeurs qui sont trompeurs, sur cette manière de donner des résultats faux", dit-il se référant au Brexit et à l’élection de David Cameron en 2015. Même raisonnement sur ces sondages mensongers chez Jean-Frédéric Poisson qui est désormais persuadé que l’élection de Trump va "évidemment" lui profiter.

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