Comment les soutiens de Hollande préparent le terrain pour sa candidature quoi qu'il arrive et sans "aucun doute" en 2017

Publié à 13h09, le 23 septembre 2015 , Modifié à 13h11, le 23 septembre 2015

Comment les soutiens de Hollande préparent le terrain pour sa candidature quoi qu'il arrive et sans "aucun doute" en 2017
© DENIS CHARLET / AFP

#HOLLANDE2017 - Installer l'idée dans les esprits, l'imposer peu à peu, en faire une évidence. Propulser François Hollande comme candidat à sa propre succesion en 2017, c'est ce à quoi s'attellent ses plus fidèles soutiens ces derniers temps. Les "hollandais", membres du gouvernement pour certains, multiplient en effet les déclarations laissant peu de place au doute et se mettent en ordre de bataille.

Avis à ceux qui pensent cette candidature conditionnée à une baisse "crédible" et "durable" du chômage (voire même à une improbable primaire) : faites-vous une raison, cela ne sera pas nécessaire. Écoutez par exemple André Vallini. Mercredi 23 septembre, le secrétaire d'État à la Réforme territoriale l'affirme à L'Obs :

 

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Il n'a jamais fait aucun doute que François Hollande sera candidat à sa réélection en 2017.

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La condition expresse de la baisse du chômage ? Une simple "preuve de son volontarisme", d'après Vallini. Comprendre : cet objectif sera forcément atteint. "C’est quelqu’un qui croit que c’est en forçant le destin qu’on se forge un destin", synthétise le secrétaire d'État au sujet de son champion.

Des déclarations qui sont en réalité la deuxième couche de cette opération persuasion. La première avait été passée par Michel Sapin, le 10 septembre. Cité par le rédacteur en chef de Paris Match, Bruno Jeudy, dans sa chronique vidéo, le ministre des Finances affirmait en effet :

 

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[François Hollande] préférera assumer un 21 avril bis – et donc une élimination dès le premier tour – que de se dérober.

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Une candidature quoi qu'il arrive, donc. Plus tôt le même jour, c'est le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen (qui ne fait pas à proprement parler partie des "hollandais"), qui affirmait :

 

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François Hollande a été élu. Il sera notre candidat en 2017. Les choses sont simples. Tout le reste, ce sont des constructions intellectuelles qui ne feraient que renforcer notre division, notre éparpillement.

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Voilà pour les certitudes assénées dans les médias.

Mais il y a aussi l'organisation, la structure. Et justement, le premier cercle s'active. "Répondre à gauche", association dont font partie toutes les têtes de la garde rapprochée de François Hollande, a été réactivée.

Le 30 septembre à l'Assemblée nationale, "parlementaires, ministres, militants se réuniront autour de Stéphane Le Foll", écrivait Le Figaro il y a quelques jours. Seront ainsi présents Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, André Vallini, Clotilde Valter, Martine Pinville, Myriam El Khomri, Bruno Le Roux et Didier Guillaume, François Rebsamen ou Kader Arif. Ne manquera que Hollande lui-même. Sauf visite surprise dont il est si friand, évidemment...

Cela n'avait pas été possible à La Rochelle, pour les universités d'été du PS, le ministre de l'Agriculture étant retenu par la crise des éleveurs. Mais André Vallini l'assure à L'Obs : "Les hollandais se voient encore plus souvent qu’avant. Désormais, on se réunit de façon intensive autour de Stéphane Le Foll."

Comme un air d'équipe de campagne, alors que le principal intéressé bat déjà le pavé. 2017, il y pense d'ailleurs depuis très longtemps.

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