Comment Macron flingue le "ça va mieux" de Hollande (après l'avoir défendu en tant que ministre)

Publié à 10h45, le 04 septembre 2016 , Modifié à 10h49, le 04 septembre 2016

Comment Macron flingue le "ça va mieux" de Hollande (après l'avoir défendu en tant que ministre)
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

NI POUR NI CONTRE - "Je veux insister sur ce qui va mieux, oui ça va mieux." Prononcée pour la première fois par François Hollande le 14 avril, cette phrase s'est muée en leitmotiv gouvernemental. Repris en chœur par tout ce que le PS compte de légitimistes et de hollandais, le slogan vise à expliquer que si tout ne va pas forcément "bien" dans le pays, au moins la politique économique de l'exécutif commence-t-elle à porter quelques fruits. En tant que ministre de l'Économie, Emmanuel Macron en était donc tributaire. En tant que démissionnaire et candidat putatif à l'élection présidentielle qui vient, il s'en désolidarise désormais. 

S'il n'a toujours pas éclairci la question de ses ambitions réelles pour 2017, même si celles-ci ne font guère de doute, le leader d'"En Marche !" tente de se démarquer du bilan de François Hollande qui est aussi grandement le sien. "Si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup de choses à moitié", lance-t-il ainsi dans une interview au JDD, dimanche 4 septembre. Et ce même si, dans le même temps, il assure ne pas vouloir se positionner par opposition à ce Président qui l'a fait : "Je ne construis pas ma démarche dans le rejet des années durant lesquelles j'ai conseillé et exécuté des réformes au sein du gouvernement." Il était déjà "ni de droite ni de gauche" - pardon, "et de droite et de gauche" -, le voilà à la fois pour et contre ce bilan (ou ni pour ni contre, choisissez). 

Puis, interrogé sur ce fameux "ça va mieux" dont le chef de l'État aurait aimé qu'il soit "le porte-parole", Macron pique :

 

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Je n'ai jamais considéré que la politique consistait à se ranger derrière un slogan. Retrouver collectivement le goût de l'avenir, ce n'est pas dire aux Français qu'ils ont une perception fausse de leur présent.

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"Dire aux Français qu'ils ont une perception fausse de leur présent", voilà donc comment l'ex-ministre analyse cette phrase-clef de la fin du quinquennat... Il est vrai que de nombreux ministres et autres cadres socialistes ont expliqué en substance, ces derniers mois, que la politique menée conduisait à des résultats mais que les Français ne les percevaient tout simplement pas

Emmanuel Macron n'aime pas, non plus, cette manie politique de "se ranger derrière un slogan". Car lui, absent des logiques d'appareil et jamais élu, veut "changer la politique". Et pourtant. Ce "ça va mieux" qu'il critique aujourd'hui, il l'avait bien entendu fait sien du temps où il était au gouvernement. "Ça va pas mieux pour tout le monde, ça va mieux en moyenne. C'est la vérité, ce sont les chiffres", tentait-il ainsi d'expliquer le 25 avril, par exemple.

Dire l'inverse de ce que l'on disait la veille, c'est nous ou ça ne colle pas trop avec l'ambition de "changer la politique" ?

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