Comment Nicolas Sarkozy évoque le "grand remplacement" sans le dire

Publié à 08h07, le 05 août 2016 , Modifié à 10h46, le 05 août 2016

Comment Nicolas Sarkozy évoque le "grand remplacement" sans le dire
© VALERY HACHE / AFP

VOST – "Le grand remplacement" - thèse développée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus et qui veut que des Français blancs et chrétiens seraient, à terme, remplacés par une population extra-européenne,  majoritairement maghrébine et subsaharienne, de religion musulmane - sera vraisemblablement l’un des éléments du débat pour la prochaine élection présidentielle en 2017. Et pas seulement du côté de Marine Le Pen et du Front national  parti dans lequel cette théorie fait un peu débat alors que son "théoricien", Renaud Camus, a annoncé son intention de concourir lui-même à l’élection élyséenne (même s’il est peu probable qu’il obtienne les parrainages nécessaires). Mais aussi à droite, chez Les Républicains, avec notamment Nadine Morano et désormais... Nicolas Sarkozy.

Sans nommer cette théorie, le président-de-LR-pas-encore-mais-bientôt-candidat-à-la-primaire l’évoque dans une interview au Point ce 5 août en le suggérant très fortement. Après avoir rappelé que, "sous Louis XVI, il y avait 28 millions d'habitants en France, 18 millions en Grande-Bretagne et 2 millions aux États-Unis", Nicolas Sarkozy fait ses calculs :

 

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Aujourd'hui, vous additionnez l'Europe et les États-Unis, on est moins de 800 millions dans un monde de 7 milliards de personnes. Forcément, la civilisation européenne, qui s'est toujours vécue comme dominante, réalise qu'elle ne pèse désormais qu'à peine 10 % de la population mondiale. La civilisation européenne se sent devenue minoritaire.

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Et l’ancien chef de l’Etat de poursuivre en expliquant, entre les lignes, que si l’Europe ne fait pas attention à sa démographie déclinante, "on disparaîtra". Tout simplement. Soit peu ou prou en creux le raisonnement du "grand remplacement".

Ainsi développe-t-il son idée :

 

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La démographie fait l'Histoire, et non le contraire. Voici ce qui explique notamment les interrogations européennes. L'axe du monde est clairement passé vers l'Afrique et l'Asie. Il nous faut réagir, ou on disparaîtra.

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Dans cette réflexion, Nicolas Sarkozy rejoint un certain… Jean-Marie Le Pen qui expliquait, en avril 2014, que le problème français et européen le plus urgent à régler était la question démographique. "Nous ne faisons pas assez d’enfants", déplorait le fondateur du FN, adepte de la théorie du "grand remplacement", qui faisait le même calcul que Nicolas Sarkozy :

 

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Si l’on compare le chiffre de population de l’Europe que j’appelle "boréale", de Brest à Vladivostok, il y a 750 millions d’habitants. En face, 7 milliards. Ils ont 45 ans de moyenne en Europe, ils ont 20 ans de moyenne d’âge dans le reste du monde.

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