Comparaison FN - Syriza : Emmanuel Macron à contre-courant du reste du PS

Publié à 19h23, le 06 juillet 2015 , Modifié à 20h10, le 06 juillet 2015

Comparaison FN - Syriza : Emmanuel Macron à contre-courant du reste du PS
Emmanuel Macron © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

SOLO - "Le Front national est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d'extrême droite." Cette sortie est signée du ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, au lendemain du "non" du peuple grec lors du référendum sur le plan de sauvetage soumis par la zone euro [des propos sur lesquels il est revenu plus tard, voir en fin d'article]. Une déclaration qui a aussitôt suscité des réactions colériques de certains responsables de gauche (y compris au PS). Surtout, cette analyse entre *un tout petit peu* en contradiction avec d'autres avis de socialistes éminents au sujet du parti de gauche radicale grec.

Car le ministre associe ici le parti frontiste, désigné comme l'adversaire principal par Manuel Valls, à une coalition de gauche au pouvoir dans un pays allié et avec laquelle le gouvernement français travaille étroitement. Présent en PACA où le FN est donné gagnant au premier tour des régionales de décembre, Macron attaque le parti d'extrême droite et, pour cela, opère un rapprochement hasardeux. Une analyse bien différente des réactions gouvernementales à la tonalité beaucoup plus mesurée, après le référendum dimanche soir.

Une absence d'hostilité qui n'est pas nouvelle. Au mois de janvier, après la victoire de Syriza aux législatives, la classe politique française toute entière trouvait des raisons de se réjouir. Et les socialistes n'étaient pas les derniers, alors que l'homologue grec du PS, le PASOK, s'était effondré dans les urnes. Rappelons ici simplement trois prises de positions de la part de cadres de Solférino, Jean-Marie Le Guen, Calaude Bartolone et Jean-Christophe Cambadélis.

Le premier, secrétaire d'État en charge des Relations avec le Parlement (et donc collègue d'Emmanuel Macron), expliquait le jour-même de la victoire électorale de Syriza :

Syriza pourrait bénéficier de mon soutien autant que de celui de Cécile Duflot, car il est en train de se mettre sur des positions euro-compatibles, plus proches de celles de François Hollande que de celles de Jean-Luc Mélenchon.

Il n'est donc pas question ici du Front national. Mieux : François Hollande serait plus proche d'Alexis Tsipras que Jean-Luc Mélenchon, du fait de ses "positions-compatibles"... bien loin, donc, des idées de Marine Le Pen.

Quant au président de l'Assemblée nationale, très proche de l'exécutif, il confiait

Si j'avais été Grec, j'aurais voté Syriza.

Voilà qui avait le mérite d'être clair. 

Le premier secrétaire du PS, de son côté, tweetait : "La victoire d’un parti de gauche est toujours une bonne nouvelle pour le Parti socialiste". Par la suite, "Camba" a certes régulièrement mis en garde contre "le fantasme d'un Syriza à la française".

On doute qu'ils auraient tenu le même langage si, à l'instar d'Emmanuel Macron, ils considéraient que Syriza pouvait d'une façon ou d'une autre être comparée au FN. Cette petite phrase va donc totalement à contre-courant du discours officiel du PS... et survient de surcroît alors que François Hollande et Angela Merkel sont en première ligne sur le dossier grec afin de trouver une solution à la crise actuelle.

[Edit 20h]

Sentant sans doute la polémique enfler, Emmanuel Macron a tenu à préciser ses propos sur Twitter en début de soirée, expliquant notamment qu'il n'y avait dans son esprit "aucune confusion possible entre le FN et Syriza", tout en réaffirmant que les deux partis "sont le symptôme d'un même mal" :

À LIRE SUR LE LAB :

Jean-Christophe Cambadélis et Christian Paul affirment qu'Emmanuel Macron n'est pas socialiste

Du rab sur le Lab

PlusPlus