Congrès PS : Cambadélis reprend l'argument des frondeurs pour moquer la "contradiction" de Sapin

Publié à 14h58, le 18 mai 2015 , Modifié à 15h06, le 18 mai 2015

Congrès PS : Cambadélis reprend l'argument des frondeurs pour moquer la "contradiction" de Sapin
© ALAIN JOCARD / AFP

Récemment, Christian Paul s'était fait un plaisir de souligner le fait que Jean-Christophe Cambadélis "reprenne" certaines idées des frondeurs en vue du congrès du PS. Le patron des socialistes en donne lui-même un exemple lundi 18 mai. Sauf que cette fois-ci, il ne s'agit pas pour le Premier secrétaire du Parti socialiste de faire des propositions similaires à celles de l'aile gauche du parti, mais de leur emprunter leur argumentaire pour... se moquer de Michel Sapin.

Dimanche soir, le ministre des Finances a de nouveau expliqué que la grande réforme fiscale promise par François Hollande ne se ferait pas. Enterrée depuis longtemps mais réclamée par Jean-Marc Ayrault comme Martine Aubry, la réforme prévoyait notamment la fusion CSG / Impôt sur le revenu. Argumentant que cela conduirait à une hausse de la CSG pour certains, Michel Sapin a expliqué que "les réformes fiscales, [...] ça ne se fait pas comme ça, un grand boum badaboum".

Or, cette idée est présente dans le texte de la motion A pour le congrès du PS. Motion dite "majoritaire", portée par Jean-Christophe Cambadélis et signée par la totalité du gouvernement... et donc par Michel Sapin. En clair, le militant socialiste Sapin Michel soutient l'idée de la réforme fiscale, mais le ministre Sapin Michel s'y oppose. Une "contradiction" que moque donc "Camba". 

"Nous demandons la grande réforme fiscale qui commence par l'impôt (le prélèvement, ndlr) à la source" et ce avant 2017, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse sur sa motion. Alors qu'on lui faisait remarquer que des ministres (à Bercy), signataires de cette motion, n'étaient pas forcément prêts à appliquer la totalité de cette réforme, Jean-Christophe Cambadélis a ensuite répondu :

 

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La contradiction est chez eux, pas chez moi.

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Début mai, les frondeurs signataires de la motion B s'étaient peu ou prou fait la même réflexion, après que le JDD a révélé que sur décision de Bercy (et donc de Michel Sapin), la CSG ne connaîtrait ni baisse, ni fusion avec l'impôt sur le revenu. Pouria Amirshahi, entre autres, avait alors ironisé :

 

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On lui dit à Sapin, que c'est dans la Motion qu'il a signée ?

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La motion que présente Cambadélis défend la remise sur le métier du "chantier de l'impôt citoyen" dès "le projet de budget pour 2016", avec "un prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu et une réduction de la CSG sur les premières tranches de revenus". "Cette première étape permettra de poser le socle du rapprochement entre l'impôt sur le revenu et la CSG", promesse de campagne du candidat Hollande. Promesse qui n'est donc plus à l'ordre du jour, notamment pour Michel Sapin.

>> À lire également sur Le LabLes regrets de Pierre Moscovici d’avoir signé la motion de Cambadélis pour le congrès du PS sans l’avoir lue

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