Contrairement à François de Rugy, Barbara Pompili est bien décidée à "se battre" au sein d'EELV

Publié à 16h07, le 27 août 2015 , Modifié à 18h25, le 27 août 2015

Contrairement à François de Rugy, Barbara Pompili est bien décidée à "se battre" au sein d'EELV
Barbara Pompili à la tribune de l'Assemblée nationale © BERTRAND GUAY / AFP

DON'T GIVE UP THE FIGHT - Elle reste. Contrairement à François de Rugy, qui a claqué la porte d'EELV jeudi 27 août, Barbara Pompili veut "continuer à se battre" au sein du parti. Les deux co-présidents du groupe écolo à l'Assemblée sont sur la même ligne - favorable à un retour au gouvernement et opposés aux accords électoraux avec le Front de Gauche - mais ils ne tirent pas les mêmes enseignements de la fracture qui traverse Europe Écologie - Les Verts. 

Pour François de Rugy, "EELV, c’est fini", un point c'est tout. Barbara Pompili, elle, veut toujours y croire. Sur France Info à la mi-journée, la députée de la Somme a expliqué :

 

Peut-être que je suis un petit peu plus optimiste que François. Peut-être que je me dis qu'on peut encore retrouver cet esprit qui a fait Europe Écologie - Les Verts, qui était un esprit de rassemblement, de rassemblement tous les écologistes dans leur diversité. Parce que ce qui fait la richesse de l'écologie politique, c'est justement qu'elle est composée de courants très différents qui débattent entre eux et qui produisent ce qui fait notre spécificité. Donc je ne désespère pas d'y arriver encore [...].

Même discours de sa part auprès de France 3 Picardie :

 

On nous pousse vers la porte, c'est vrai, mais il ne faut pas céder à cela et c'est en ça que je suis en désaccord avec François, c'est qu'au contraire il faut continuer à se battre.

"Optimisme", donc, "même si le départ de François de Rugy n'est malheureusement pas un acte isolé, c'est plutôt l'arbre qui cache la fôret", affirme-t-elle. Selon Pompili, "de nombreux militants ne viennent plus aux réunions, se désintéressent de ce qui se passe dans le parti et quittent le parti sur la pointe des pieds [...] parce qu'ils sont rebutés par cette sorte de pensée unique que certains - et pas tous, loin de là - voudraient imposer dans le parti". "François représente un peu ces militants", ajoute-t-elle.

Et de lancer "un appel aux dirigeants d'EELV et aux principaux responsables" en guise de tentative d'apaisement des tensions internes (notez la jolie métaphore environnementalo-politique au passage) :

 

Cessons de repousser ceux qui proposent d'autres choses, au contraire : prenons-les pour ce que ça a toujours été, c'est-à-dire une richesse. La biodiversité, nous la défendons partout ; il faut la défendre aussi dans notre parti. Parce que si nous continuons à nous désunir et à nous retrancher dans certains camps, nous perdons ce que nous pouvons apporter [au débat politique].

Reste à savoir ce que décidera Jean-Vincent Placé, lui aussi défenseur de cette ligne dite "réformiste", et qui a récemment menacé de quitter EELV.

[Edit 18h25] Pour Baupin, c'est non aussi

Autre parlementaire écolo pas favorable à un départ du parti : Denis Baupin. Comme le rapporte l'AFP, le député de Paris a expliqué à la presse à La Rochelle, lors des journées du Front démocrate et de Génération Ecologie (deux petits partis écologistes qui soutiennent une candidature unique à gauche en 2017) :

 

Le départ de François n'est pas anecdotique, c'est le président de notre groupe, je sais qu'il a beaucoup réfléchi sur la question. Il est dans une mouvance de gens qui ont envie de construire quelque chose à côté d'EELV. Est-ce que ça sera le destin à la fin de l'histoire ? Je n'en sais rien. Mais moi ma décision n'est pas prise aujourd'hui de quitter Europe Ecologie-Les Verts.

Une position qu'il défend même s'il "partage le constat [de de Rugy] sur la crise de l'écologie politique".



À LIRE SUR LE LAB :

Barbara Pompili fustige le manque de "respect" de Thierry Baud, "tête de liste écolo et sexiste"

Alliances régionales EELV / Front de gauche : Jean-Vincent Placé menace de quitter son parti

À LIRE SUR EUROPE1.FR :

François de Rugy quitte EELV : Cohn-Bendit évoque "un énorme gâchis"

Du rab sur le Lab

PlusPlus