Contrairement à la promesse de Macron, pas de "ministère plein et entier des Droits des Femmes" dans son gouvernement

Publié à 15h41, le 17 mai 2017 , Modifié à 15h50, le 17 mai 2017

Contrairement à la promesse de Macron, pas de "ministère plein et entier des Droits des Femmes" dans son gouvernement
© AFP
Image Etienne Baldit


C'était le 28 avril, en plein entre-deux-tours de la présidentielle. Outre sa volonté de nommer une femme Premier ministre (finalement pas honorée puisque c'est Édouard Philippe qui est entré à Matignon) et son intention de faire de l'égalité femmes-hommes une "grande cause nationale", le candidat Emmanuel Macron faisait une promesse : créer "un ministère plein et entier des Droits des Femmes". Nous sommes désormais le 17 mai et le Président Emmanuel Macron n'en a rien fait.

Dans la liste du gouvernement annoncée ce mercredi par le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, figure un simple secrétariat d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, rattaché au Premier ministre. Il sera occupé par Marlène Schiappa, adjointe au maire (PS) du Mans, écrivain et créatrice de l'association Maman travaille, relative à l'égalité parentale. On est donc bien loin du "ministère plein et entier" évoqué un peu plus de deux semaines plus tôt.





Voilà qui décevra sans doute de nombreux acteurs du secteur et notamment les signataires (associations, personnalités, collectifs...) d'une lettre ouverte au nouveau chef de l'État qui réclamaient, mi-mai, qu'un "ministère spécifique avec une administration et des délégué.e.s sur l’ensemble du territoire".

Ce gouvernement Philippe I est néanmoins paritaire comme promis : il compte dans ses rangs 11 femmes (neuf ministres et deux secrétaires d'État) pour 22 membres sans compter le Premier ministre. Une seule femme est cependant titulaire d'un portefeuille régalien : la centriste Sylvie Goulard, ministre des Armées.

À l'origine secrétariat d’État à la Condition féminine créé en 1974 par Valéry Giscard d'Estaing, cette institution était devenue ministère délégué aux Droits de la femme sous l'impulsion de François Mitterrand en 1981 (il sera même ministère de plein droit de 1985 à 1986). Le poste a continué à exister en pointillés de 1988 à 2007, qu'il s'agisse de secrétariats d'État ou de ministères délégués.

Ce n'est qu'en 2012 et avec François Hollande qu'il reviendra sous la forme d'un ministère de plein exercice confié à Najat Vallaud-Belkacem... avant d'être remplacé par un secrétariat d'État aux droits des femmes rattaché au ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Depuis 2016, les fonctions relatives à ce portefeuilles avaient été intégrées au ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes occupé par Laurence Rossignol.

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