Convoqué pour être mis en examen, François Fillon dénonce "un assassinat politique"

Publié à 12h46, le 01 mars 2017 , Modifié à 12h58, le 01 mars 2017

Convoqué pour être mis en examen, François Fillon dénonce "un assassinat politique"
Image Sébastien Tronche


Non, François Fillon ne renonce pas. Après avoir annulé au dernier moment sa visite au Salon de l’agriculture, ce mercredi 1er mars, François Fillon a pris la parole à son QG de campagne pour annoncer qu’il maintenait sa candidature à l’élection présidentielle. Une décision prise après de longues minutes de flottement et malgré sa convocation par les juges en vue de sa mise en examen pour l’affaire des emplois supposés fictifs de sa femme et de ses enfants.

Lors de cette allocution, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a dénoncé derrière cette convocation judiciaire "un assassinat politique" :

Nombre de mes amis politiques parlent d’un assassinat politique. C’est un assassinat, en effet. Par ce déchaînement, ce n’est pas moi qu’on assassine, c’est l’élection présidentielle, c’est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché.

François Fillon a par ailleurs indiqué que son avocat avait été "informé" qu’il serait convoqué le 15 mars par les juges pour être mis en examen. Dénonçant une "enquête à charge, c’est-à-dire pour condamner", le député LR de Paris a assuré qu’il n’avait "pas détourné d’argent public", qu'il donnerait "sa vérité" et qu’il se rendra à la convocation des juges – contrairement à Marine Le Pen qui, elle, avait refusé. Il accuse également la justice de ne pas le traiter équitablement. "Depuis l'origine, et contrairement à ce qui a été dit, je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres. (...) L’Etat de droit a été systématiquement violé", a-t-il insisté.

Pourtant, pendant la campagne pour la primaire de la droite, visant Nicolas Sarkozy, François Fillon avait lancé un après-midi d’été :

Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?

Il avait ensuite expliqué qu’il renoncerait à sa candidature s’il était mis en examen, avant de changer de pied et de s’en remettre au verdict des électeurs, quelles que soient les suites judiciaires du "Penelope Gate". "Plus on s'approche de la date de l'élection présidentielle, plus il serait scandaleux de priver la droite et le centre d'un candidat. Je m'en remets désormais au suffrage universel", confiait-il au Figaro. Ce qu’il a répété ce mercredi :



Au-delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que je m’en remettrai. Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas. J’irai jusqu’au bout.

Aussi estime-t-il que la justice veut "priver" la droite d'avoir un candidat à l'Elysée. "Que je ne sois pas un justiciable comme les autres, on le voit au simple choix de cette date du 15 mars, deux jours avant la clôture des parrainages, entièrement calculée pour m'empêcher d'être candidat à la présidentielle", a-t-il encore assuré.

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