Cumul Dijon-ministère : Rebsamen s'estime victime d'un "procès d'intention insupportable"

Publié à 08h16, le 10 août 2015 , Modifié à 15h49, le 10 août 2015

Cumul Dijon-ministère : Rebsamen s'estime victime d'un "procès d'intention insupportable"
© ERIC FEFERBERG / AFP

OH LORD, PLEASE DON'T LET ME BE MISUNDERSTOOD - On a dû mal comprendre. Pendant un temps, on a cru que François Rebsamen voulait cumuler les fonctions de maire de Dijon, qu'il a officiellement retrouvées ce lundi 10 août, avec celles de ministre du Travail. Ce qui est proscrit par la charte de déontologie du gouvernement. La faute à un *petit* cafouillage en termes de com' entre l'Élysée et le ministre. Ce dernier assure au Parisien, ce lundi, qu'il s'agit là d'un "immense quiproquo" et qu'il a été victime d'un "procès d'intention insupportable".

Le futur ex-"ministre du chômaaaaage" explique au quotidien : 

 

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Il y a là un immense quiproquo : je n'ai jamais envisagé de cumuler les charges de maire de Dijon et de ministre du Travail. Etre ministre, c'est consacrer quinez à dix-huit heures par jour à cette tâche. Je sais très bien qu'on ne peut pas faire les deux et je ne l'ai jamais envisagé...

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"Vraiment !", jure-t-il encore. Et d'assurer :

 

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Lors de mon hommage à Alain Millot (maire PS de Dijon décédé le 27 juillet, ndlr), puisque la polémique a commencé ce jour-là sans aucun respect pour sa mémoire alors que je prononçais son éloge funèbre, j'ai dit que je remettrai ma démission entre les mains du président et du Premier ministre. Je ne peux pas faire mieux. J'ai juste souhaité quelques jours pour régler les dossiers et préparer un passage de relais convenable à ma ou mon successeur. On m'a fait un procès d'intention insupportable ! 

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Pour que les choses soient claires, il annonce donc qu'il "remettra [sa] démission le 19 août à la fin du prochain Conseil des ministres". Ce qui lui permet de rester dans les clous du délai d'un mois de cumul autorisé pour les membres du gouvernement. Au passage, il en place une pour ceux, comme Patrick Kanner, qui avaient ostensiblement dégainé la fameuse charte de déontologie du gouvernement, au lendemain de l'annonce de sa candidature à la mairie de Dijon. Il dit :

 

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Quand le Premier ministre a rappelé la règle, il a dit, à juste titre, que je la connaissais. C'est évident, et il était inutile que certains brandissent le code de déontologie qui dit qu'on doit consacrer l'essentiel de son temps à sa fonction ministérielle ! 

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Pour rappel, le 30 juillet, tout cela était beaucoup moins évident. Dans un premier temps, le cabinet de François Rebsamen n'avait pas précisé si ce dernier quitterait ses fonctions au ministère du Travail. Quelques minutes plus tard, l'intéressé déclarait à l'AFP : "Tant que le président ne m'aura pas demandé de cesser mes fonctions, je les assumerai". Il ajoutait qu'il "remettra[it] sa démission entre les mains du président et du Premier ministre, quand ses engagements ministériels seront terminés". Pas question de démissionner, donc.

Moins d'un quart d'heure après cette affirmation, l'Élysée indiquait qu'il serait "remplacé" s'il reprenait l'Hôtel de Ville... Manuel Valls avait lui aussi rappelé cete "règle" du non-cumul pour les ministres.

Mais il s'agit là d'un vilain "quiproquo" et d'un "procès d'intention".

[Edit 8h35]

Invité d'Europe 1 dans la foulée, Éric Ciotti n'a pas été franchement convaincu par cette mise au point. Revenant sur la règle de non-cumul pour les ministres, le député LR des Alpes-Maritimes trouve que cette affaire manque de "clarté", ce qui lui permet au passage de relancer une autre polémique sur les chiffres du chômage :

 

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C'est une bonne règle, manifestement monsieur Rebsamen a eu un peu de mal à se l'appliquer. Même aujourd'hui, je ne vois pas trop de clarté dans ses explications, il nous dit qu'il va remettre sa démission au Conseil des ministres le 19 août et en même temps il laisse entendre qu'il pourrait rester jusqu'au 9 septembre... Bref, la date de son départ est aussi peu claire que les méthodes de comptabilisation du chômage. En tout cas je pense pas qu'il aura laissé une grande trace au ministère du Travail, ça aura plutôt été le ministre du chômage que le ministre du Travail.

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[Edit 9h45]

D'autres, à droite, se saisissent de cette phrase de François Rebsamen dans cette interview au Parisien : "Je pars avec le sentiment d'avoir bien fait mon travail et avec l'estime des partenaires sociaux". Luc Chatel (député de la Haute-Marne), Sophie Primas (sénatrice des Yvelines) et Valérie Debord (secrétaire générale adjointe de Les Républicains) ironisent :

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