Darmanin accompagne Macron en Algérie, quelques mois après avoir fustigé ses propos sur la colonisation tenus à Alger

Publié à 16h28, le 05 décembre 2017 , Modifié à 16h33, le 05 décembre 2017

Darmanin accompagne Macron en Algérie, quelques mois après avoir fustigé ses propos sur la colonisation tenus à Alger
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin © Montage via AFP
Image Etienne Baldit


#PassionArchives - Ce sont deux tweets que, contrairement à quelques autres plutôt acerbes envers Emmanuel Macron, Gérald Darmanin avait pris le soin d'effacer avant d'entrer au gouvernement : le 15 février dernier, celui qui ne savait pas encore qu'il allait devenir ministre fustigeait très durement les propos du candidat "En marche" à la présidentielle, qui avait jugé depuis l'Algérie que la colonisation avait été "un crime contre l'humanité". Et les deux hommes auront sans doute l'occasion d'en parler ce mercredi 6 décembre, puisque le ministre des Comptes publics accompagne le président de la République pour son déplacement officiel... en Algérie.

Gérald Darmanin fait en effet partie de la "visite de travail et d’amitié en République algérienne démocratique et populaire", dixit son agenda. Un voyage qui ne pourra que réveiller le souvenir de cette déclaration fracassante d'Emmanuel Macron le 14 février à Alger : "La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité." Or, comme l'a retrouvé un journaliste du Huffington Post ce 5 décembre, Gérald Darmanin, alors député LR et soutien de François Fillon (et descendant de pieds-noirs), s'en était largement ému à l'époque, flinguant sur Twitter :

Honte à Emmanuel Macron qui insulte la France à l'étranger : 'La colonisation de la France était un crime contre l'humanité'.

Crachats inacceptables d'Emmanuel Macron sur la tombe des français tirailleurs, supplétifs, harkis morts pour une France qu'ils aimaient.

En novembre 2016 pourtant, tout en critiquant la colonisation, Emmanuel Macron reconnaissait que des "éléments de civilisation" l'avaient accompagnée. Il disait au Point :

Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie.

Aujourd'hui chef de l'État, il fait de "la réconciliation des mémoires" l'un de ses axes de travail autour du passé colonial de la France, comme il l'a encore rappelé dans une interview accordée à Trace TV lors de son récent voyage en Afrique. Et peut-être mettra-t-il ces vieux tweets de son ministre sur le compte de ce qu'il appelle lui-même son côté "un peu tout fou"...





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