De la difficulté d'être un responsable politique après les attentats, par Cécile Duflot

Publié à 14h55, le 22 novembre 2015 , Modifié à 15h00, le 22 novembre 2015

De la difficulté d'être un responsable politique après les attentats, par Cécile Duflot
© images Canal Plus

Cécile Duflot s’est assez peu exprimée depuis les attentats du 13 novembre. Seulement a-t-elle soutenu la prorogation de l’État d’urgence après avoir donné son "soutien" à Manuel Valls lors du Congrès du 16 novembre. petit changement de ton en ce 22 novembre, elle met en cause le discours politique ambiant et accuse de nombreux hommes politiques de mensonge face aux solutions à apporter.

Invitée du Supplément de Canal +, la députée écologiste défend d’abord l’action des écologistes. Elle rejette l’accusation d’angélisme qui leur est souvent faite. Elle dit :

 

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Les écologistes font preuve de beaucoup de responsabilité, je vous le dis. Moi je suis une écologiste et je peux voter le maintien de l’état d’urgence et je peux voter, en conscience, que c’est utile.

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Avant d’expliquer qu’il est aujourd’hui plus dur, pour un personnage politique, de tenir un "discours de vérité". Elle explique :

 

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Mais je peux vous dire aussi 'ne mentons pas aux gens'. La difficulté aujourd’hui, c’est de dire les choses sincèrement et avec un discours de vérité. Et c’est plus difficile, et c’est là où est le piège, c’est que le discours que je tiens devant vous, il est plus difficile à écouter. Parce que c’est très simple de dire 'on va mettre en rétention toutes les fiches S et il ne vous arrivera plus rien'.

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Elle poursuit :

 

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Mentir et atteindre nos valeurs, ça semble plus facile à dire pour un responsable politique que de tenir un discours de vérité et d’amitié à l’égard des musulmans de notre pays. Parce que ce que souhaite faire ces terroristes, c’est aussi que notre pays ait des actes de rejet à l’égard des musulmans pour les embrigader dans leur cause.

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En d’autres termes, Cécile Duflot estime que mentir en politique dans cette période est plus porteur en termes de communication que de tenir le fameux "discours de la vérité".

Et, rassurez-vous, elle a des noms. Si Cécile Duflot parle autant du mensonge en politique, c’est que certains élus LR ont enchaîné les propositions qui ont hérissé la députée de Paris. Dans un premier temps, elle revient sur la séance des QAG qui a vu des députés LR siffler ou huer des ministres alors que le deuil national n’était pas terminé : "Mêmes mes gamins, ils sont plus responsables" estime-t-elle.

Puis, après avoir vu les propositions de Laurent Wauquiez concernant les fichés S, elle dit :

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Honteux, honteux, honteux.



Oui, honteux d’autant que moi j’aime savoir d’où viennent les gens, qu’il a hérité de tous ses mandats et son statut politique grâce à un homme qui s’appelle Jacques Barrot, qui n’est pas de ma famille politique, qui est un centriste avec des grandes convictions, humanistes notamment. En être réduit à dire des abominations de cette nature, c’est ridicule et pitoyable. Vraiment. Faut savoir d’où on vient quand même.

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Elle ajoute :

 

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Ce qu’il se passe, c’est que je trouve que certains hommes politiques ne sont pas à la hauteur. Pourquoi ils disent ça ? Est-ce qu’ils y croient vraiment ? Peut-être même pas. Simplement, ils se disent : 'faut montrer de la fermeté'. C’est de la communication. Sauf que c’est de la communication sur des sujets dramatiques. Et donc c’est assez irresponsable. 

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Et quand on parle de communication, un responsable FN est forcément pointé du doigt : Florian Philippot. Alors que ce dernier apparaît dans une séquence de l’émission, téléphone en main à son bureau, expliquant ses éléments de langage aux journalistes qui l’appellent, elle commente :

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On voit bien, ce n’est pas un homme politique, c’est un businessman.  

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Voici la photo que commente la députée de Paris :



 

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