Débat de la primaire : ce moment où Hollande s'est fait dézinguer par tout le monde (ou presque)

Publié à 23h31, le 12 janvier 2017 , Modifié à 23h45, le 12 janvier 2017

Débat de la primaire : ce moment où Hollande s'est fait dézinguer par tout le monde (ou presque)
Cinq des sept candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire au cours du premier des trois débats, jeudi 12 janvier © Montage Le Lab via TF1
Image Etienne Baldit


François Hollande est accusé d'avoir brisé, auprès de journalistes qui ont publié ses propos dans un livre, le "secret défense" à propos d'interventions militaires et d'assassinats ciblés de djihadistes, les fameuses quoique très secrètes et illégales opérations "Homo" (pour "homicide"). Dans Un président ne devrait pas dire ça..., le chef de l'État confie avoir décidé de telles "exécutions extra-judiciaires" à plusieurs reprises durant son quinquennat. Il a été très vivement critiqué pour cela, des parlementaires de droite tentant même de le faire destituer. Et même jusque dans son camp, la chose révolte.

Ainsi tous les candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire à la suite, ou presque, ont chargé François Hollande pour ces confidences faites aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Une charge commune menée durant le premier débat avant le premier tour de la primaire, jeudi 12 janvier. Pas sur le fond, tous se disant ouvertement favorables à ces assassinats ciblés, mais sur la forme te le fait de le divulguer à la presse. Seuls Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias ont évité toute critique.

La première, présidente du PRG, a expliqué qu'un(e) président(e) de la République peut être amené à prendre de telles décisions "au nom de la raison d'État". Mais "il n'appartient pas aux candidats à une élection de commenter cette information", a-t-elle ajouté, en restant là. Ensuite, tout le monde y est allé de son attaque cinglante visant le Président, certains ajoutant tout de même un petit satisfecit sur sa politique étrangère.

Ainsi Manuel Valls a d'abord rappelé ce qu'il répète depuis des mois : "Nous sommes en guerre, il faut protéger les Français. Moi j'étais aux côtés du président de la République, comme ministre de l'Intérieur et comme Premier ministre, dans tous les conseils de sécurité." Avant de balancer :



Et sur ces sujets, moi je n'ai qu'une seule chose à dire : ce qui doit être fait doit être fait et ce qui doit être tenu secret doit être tenu secret, c'est comme cela qu'on incarne l'autorité, l'État et surtout qu'on protège les Français.

Et ne "tenant" pas la chose "secrète", François Hollande n'a donc pas "incarné l'autorité et l'État", selon son ancien chef du gouvernement. Première salve. La seconde vient de Vincent Peillon, qui veut dans cette primaire être le candidat qui défend le bilan du quinquennat. Il a cependant sévèrement artillé :



Je me prépare à être président de la République. Je ne crois pas que ce soit le bavardage sur des secrets d'État qui donne la dimension d'un homme d'État. Il y a peut-être parfois des responsabilités à prendre pour protéger ceux que l'on aime et lorsque l'on a pris la responsabilité d'une nation, il faut prendre ses responsabilités dans des contextes particuliers. Mais je crois qu'en faire étalage c'est indécent, en faire un sujet journalistique, ça ne vaut pas mieux.

"Indécent", ce "bavardage" auquel Hollande s'est donc livré. La suite vient de Benoît Hamon, un peu moins cinglant que les autres : 



La lutte contre le terrorisme est une affaire très grave qui met en jeu la vie de nos compatriotes et notamment de nos troupes [...]. Et il me semble que dans ce domaine-là, la sobriété doit être de mise, la sobriété dans le commentaire sur ce qui est fait et dans la nécessité de tout mettre en oeuvre pour protéger nos concitoyens.

Est venu ensuite François de Rugy, qui a compensé sa courte critique envers François Hollande avec un vrai et long compliment :



Oui c'est parfois nécessaire [les assassinats ciblés]. Maintenant, j'ai toujours été pour la transparence mais j'ai toujours dit qu'il y avait une limite : c'est la sécurité. Donc je regrette que ça ait été divulgué. Maintenant, je veux aussi dire sur ce sujet-là que le président de la République a eu raison, il a été clairvoyant, ferme, déterminé, dans la politique étrangère. Nous pouvons lui rendre hommage sur la politique de défense et de sécurité, même si nous avons des divergences sur d'autre sujets.

Jean-Luc Bennahmias s'est contenté d'approuver les assassinats ciblés ("la réponse est oui") sans autre forme de commentaire. Enfin, Arnaud Montebourg a conclu cette séance de tir au pigeon, le seul à évoquer une "violation du secret défense" :



S'il faut prendre ce genre de responsabilités, j'y suis prêt bien entendu, dans l'intérêt supérieur du pays. J'ai été très choqué par la violation du secret défense car il y a des hommes qui risquent leur vie, ou des femmes aussi [il semble qu'il ait encore failli les oublier, ndlr], pour défendre notre pays.

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