Déchéance de nationalité : Jean-Marc Ayrault demande à Manuel Valls de ne pas diviser la France

Publié à 15h43, le 27 décembre 2015 , Modifié à 10h19, le 28 décembre 2015

Déchéance de nationalité : Jean-Marc Ayrault demande à Manuel Valls de ne pas diviser la France
Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

On imaginait bien que Jean-Marc Ayrault n'était pas très favorable à la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme. Comme d'autres qui, depuis Noël, font entendre leur voix, l'ancien Premier ministre s'oppose à cette mesure présentée en conseil des ministres, mercredi 23 décembre. Ce qui le place à l'opposé de son successeur à Matignon : Manuel Valls.

L'ancien Premier ministre a lu l'avertissement de Manuel Valls à la gauche dans le JDD ce dimanche 27 décembre. Dans l'hebdo, le chef du gouvernement s'en prend à ceux qui, dans son camp, ne font rien qu'à le critiquer. Il dénonce cette "partie de la gauche [qui] s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte". Et le Premier ministre de citer l'historien Pierre Nora : "La France est en péril de paix".

Voilà qui fait réagir Jean-Marc Ayrault. Sur Twitter, l'ex-Premier ministre écrit :

"

Si la France est "en péril de paix", alors ne la divisons pas davantage !

 

"

Le tout accompagné de hashtags pour le moins équivoques et reprenant les arguments de ceux qui, comme lui, s'opposent à la déchéance de nationalité.

Dans le JDD, le député PS des Yvelines Benoît Hamon estime ainsi que l'exécutif fait le jeu des extrémistes, et notamment des terroristes de Daech. "En introduisant cette distinction, la République n'est plus indivisible. Cette décision remettrait en cause le droit du sol. Le symbole choisi, et quel symbole, envoie à des millions de nos compatriotes le message suivant : vous êtes des Français de seconde catégorie", dit-il.

En 2010, Jean-Marc Ayrault, alors président du groupe PS à l'Assemblée nationale, s'était déjà opposé à la déchéance de nationalité proposée par Nicolas Sarkozy lors de son *célèbre* discours de Grenoble. "La déchéance de nationalité est absurde et inefficace. Un crime est un crime. Un criminel est un criminel. Un Français est un Français", avait-il estimé

Martine Aubry elle aussi a décidé de s'inviter dans le débat. Dimanche après-midi, la maire PS de Lille a affirmé sur Twitter qu'elle était "fière" de défendre "des valeurs républicaines et de gauche" :

[EDIT 16h16] ajout tweet de Martine Aubry

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