Déficit : Manuel Valls dénonce "l’obsession" de la Cour des comptes sur "l’insincérité" du budget

Publié à 10h41, le 04 juillet 2017 , Modifié à 10h41, le 04 juillet 2017

Déficit : Manuel Valls dénonce "l’obsession" de la Cour des comptes sur "l’insincérité" du budget
Manuel Valls. © Capture d'écran BFMTV.
Image Sébastien Tronche


Un constat accablant : le déficit public devrait déraper à 3,2% du produit intérieur brut en 2017, selon la Cour des comptes, qui tacle dans un audit l'ancien président François Hollande et tire la sonnette d'alarme à l'approche du premier budget du quinquennat Macron. Un procès en "insincérité" dont se défend Manuel Valls, Premier ministre de François Hollande qui a bouclé ledit budget.

AUjourd’hui député apparenté La République en marche, Manuel Valls a dénoncé "l’obsession" de Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, sur cette question de "l’insincérité". Invité de BFMTV, le député de l’Essonne a pesté :

Didier Migaud, que je respecte beaucoup, a un certain nombre d’obsessions et notamment celle d’insincérité. Je réfute totalement ce terme d’insincérité. Qu’il y ait des difficultés pour boucler le budget, c’est incontestable. Il avait Il avait déjà cette obsession et le Conseil constitutionnel a validé la loi de finances 2017, comme le Parlement, comme la commission européenne. Mais il ne faut pas dire n’importe quoi. Il y a un certain nombre de recettes que la Cour des comptes considère moins puissantes. Je ne crois pas, je pense que les recettes des évadés fiscaux seront au rendez-vous. Il y a le dossier Areva… Tout cela est transparent.

Et Manuel Valls d’assurer que "si le gouvernement précédent avait continué son action, il aurait fait avant l’été un certain nombre d’économies supplémentaires".

Néanmoins, il reconnaît que la mise en avant de ce rapport de la Cour des comptes est "une opération habile du gouvernement". Et regrette que François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’en aient pas fait de même en 2012. "C’est de bonne guerre mais je n’accepte pas le terme insincérité. C’est peut-être ce que nous aurions dû faire davantage en 2012 quand la situation était davantage dégradée", affirme encore Manuel Valls.

Cet audit des finances publiques, commandé dès son arrivée à Matignon par Edouard Philippe et publié jeudi, doit permettre au nouveau gouvernement de disposer d'une publication "transparente", sur laquelle il pourra s'appuyer pour justifier des mesures d'économies. Les conclusions sont sans appel : "en 2017, sans mesures fortes de redressement, le déficit public dépasserait l'objectif de 0,4 point de PIB" pour atteindre 3,2% de PIB, estiment les sages de la rue Cambon. En cause : une sous-budgétisation pour certains ministères, mais aussi la recapitalisation d'Areva, qui pourrait conduire à dégrader les comptes publics de 2,3 milliards d'euros, et un rendement plus faible que prévu de la cellule de régularisation fiscale pour les contribuables détenant un compte caché à l'étranger.

Concrètement, cela correspond à un dérapage d'environ 8 milliards d'euros par rapport aux prévisions. Une évaluation réalisée "à politique inchangée", en ne se basant que sur les décisions publiques prises sous le précédent gouvernement, et non sur les promesses de campagne d'Emmanuel Macron.

Du rab sur le Lab

PlusPlus