Demande de relaxe pour Marine Le Pen : Mélenchon y voit la main de Taubira et Hollande

Publié à 07h29, le 21 octobre 2015 , Modifié à 11h48, le 21 octobre 2015

Demande de relaxe pour Marine Le Pen : Mélenchon y voit la main de Taubira et Hollande
Jean-Luc Mélenchon dans "Preuves par trois" avec l'AFP et Public Sénat le 20 octobre 2015. © Public Sénat
Image Delphine Legouté


FAUDRAIT SAVOIR - D'un côté le Front national, qui a pris l'habitude de voir la main de Christiane Taubira à chaque fois que le parti ou un membre du parti est inquiété par la justice. De l'autre Jean-Luc Mélenchon qui, après la demande de relaxe de Marine Le Pen par le Parquet dans l'affaire dite "des prières de rue", voit également la main de Christiane Taubira... dans cette décision favorable à la leader frontiste. On a du mal à suivre.

Le 20 octobre, le procureur de Lyon a en effet requis la relaxe pour la présidente du FN après des propos tenus en 2010 sur les prières de rue de musulmans. Elle avait dressé un parallèle avec l'occupation nazie. "Liberté d'expression", a argué le procureur alors que Marine Le Pen comparaissait pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion". Le jugement doit être rendu le 15 décembre. Jean-Luc Mélenchon a été invité à réagir dans la foulée dans Preuves par trois sur Public Sénat.

Pour la figure du Front de gauche, "il y a une drôle d'ambiance judiciaire autour de Madame Le Pen". Il rappelle qu'elle a déjà été relaxée en mai dans l'affaire des faux-tracts d'Hénin-Beaumont, affaire dans laquelle Jean-Luc Mélenchon était dans le camp des plaignants. Il met alors directement en cause la ministre de la Justice et le président de la République :

Ça fera donc la deuxième fois que le Parquet, qui dépend de la Garde des Sceaux, propose la relaxe à propos de Mme Le Pen. François Hollande nomme les parquetistes non ?

J’affirme que Marine Le Pen est instrumentalisée par le PS, parce que c’est son principal argument de vente. S’il n’y a plus de Marine Le Pen, il n’y a plus aucune raison de voter PS.

Le cofondateur du Parti de gauche avait déjà tenu ce raisonnement en mai lors de la relaxe pour l'affaire des faux-tracts :

Dans ce dossier, la bande des trois, UMP, PS et FN, a marché la main dans la main pour sauver le soldat Le Pen pourtant prise la main dans le sac.

Marine Le Pen, de son côté, n'est pas franchement de cet avis puisqu'elle se dit victime d'une "persécution judiciaire" : "Nous sommes à un mois des élections régionales alors que cette affaire a cinq ans. Ça ne pouvait pas attendre un mois ?"

Florian Philippot a également déjà développé sa théorie selon laquelle tout est prévu pour mettre Marine Le Pen dans l'embarras à quelques jours de la présidentielle de 2017: "L'objectif final étant sans doute, dix jours avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2017, de mettre en examen Marine Le Pen elle-même." Le FN a été mis en examen début septembre pour recel d'abus de biens sociaux et complicité d'escroquerie dans l'enquête sur son financement.

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