Déplorant l'absence de discussions avec Benoît Hamon, l’UDE n'écarte pas un ralliement à Emmanuel Macron

Publié à 18h10, le 23 février 2017 , Modifié à 18h16, le 23 février 2017

Déplorant l'absence de discussions avec Benoît Hamon, l’UDE n'écarte pas un ralliement à Emmanuel Macron
© AFP
Image Julien Chabrout


L’accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadotdevrait intervenir prochainement si les adhérents EELV le valident. Ce deal noué entre le candidat PS et les écologistes pour la présidentielle et les législatives à l’issue de longues discussions ne plaît pas à certains écologistes ayant soutenus François Hollande, regroupés au sein de l’UDE (Union des démocrates et écologistes), formation membre de la Belle Alliance Populaire (BAP) mise en place par le PS. Auprès du Lab, le secrétaire général de l’UDE Christophe Madrolle déplore l’absence de discussions entre Benoît Hamon et sa formation :

 



Depuis le départ, nous sommes loyaux, nous avons participé à la primaire avec la candidature de Jean-Luc Bennahmias. J’ai pris des engagements avec Benoît Hamon et j’attends que l’UDE soit respectée. Pour l’instant, je n’ai toujours pas eu de rendez-vous pour rencontrer Benoît Hamon.

Pour le responsable de l’UDE, le candidat socialiste à la présidentielle "se trompe : au lieu de recomposer l’ancienne gauche plurielle, il aurait dû compter sur ceux qui l’ont soutenu". Christophe Madrolle veut "un accord global politique" avec le candidat socialiste et précise souhaiter "50 candidats communs" PS/UDE lors des législatives de juin. Le bras droit de Jean-Luc Bennahmias menace : "Si nous ne sommes pas respectés, nous, on part". Probablement pour soutenir Emmanuel Macron, même s’il s’en défend :

 



On en est pas là pour l’instant. Mais beaucoup de mes amis et des cadres régionaux de l’UDE sont tentés de franchir le pas en faveur d’Emmanuel Macron, encore plus depuis le soutien de François Bayrou.

Un ancien responsable de l’UDE a déjà franchi le pas : François de Rugy. L’ex-candidat LPE (Le parti écologiste) à la primaire de la BAP a annoncé mercredi 22 février rejoindre le candidat à la présidentielle d’En Marche! Les deux seuls ténors de l’UDE ont dans la foulé de cette annonce réaffirmé leur soutien à Benoît Hamon : Emmanuelle Cosse et le président de la formation, Jean-Vincent Placé. Tout en évoquant quelques "désaccords" avec le candidat socialiste, la ministre du Logement a déclaré dans une interview à Libération qu’il est "aujourd’hui le candidat de la gauche et a intégré la question écologiste dans son logiciel".

Jean-Vincent Placé a assuré ce jeudi 23 février sur Sud Radio et Public Sénat qu’il soutenait Benoît Hamon "au nom de sa parole donnée" en votant à la primaire et de la "sincère conversion écologique". Le secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat a toutefois appelé Benoît Hamon à commencer par rassembler "ses amis de la Belle alliance populaire".

Joint par Le Lab, l’entourage de Benoît Hamon pointe du doigt les divisions entre les responsables de l’UDE : "Emmanuelle Cosse nous dit qu’il faut parler avec elle, Jean-Vincent Placé aussi". Un proche du candidat PS confirme que la priorité a été donnée à un accord avec EELV, plus symbolique et fort politiquement. Il précise :





On va voir l’UDE mais on fait les choses les unes après les autres. L’UDE a négocié des choses avec la direction du PS avant la primaire. Nous avons aussi des discussions avec le PRG et le MRC.

Pas sûr que cela plaise à Christophe Madrolle. Le responsable de l’UDE rappelle que Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy ont récolté à eux deux plus de 80.000 voix lors du premier tour de la primaire de la BAP, contre plus de 4.000 pour Yannick Jadot lors du premier tour de la primaire d’EELV, en octobre.

 

 

[BONUS TRACK] La Haute autorité du PS "déplore" le soutien de De Rugy à Macron

Le soutien de François de Rugy à Emmanuel Macron a été vivement critiqué par la Haute autorité des primaires citoyennes ce jeudi 23 février. Voilà ce qu’a déclaré cette instance chargée de superviser le scrutin dans un communiqué :



La Haute Autorité constate qu’un tel revirement est inédit dans une primaire, et déplore cette attitude contraire au principe de loyauté et à l’esprit même des primaires dont l'engagement principal consiste à soutenir le candidat sorti vainqueur.

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