Dès le début de son discours devant le Congrès, Macron étrille les années Sarkozy et Hollande

Publié à 15h31, le 03 juillet 2017 , Modifié à 16h30, le 03 juillet 2017

Dès le début de son discours devant le Congrès, Macron étrille les années Sarkozy et Hollande
Emmanuel Macron devant le Congrès à Versailles. © Capture d'écran France 2.
Image Sébastien Tronche


C’est le vrai début du quinquennat d’Emmanuel Macron. La veille du discours de politique générale de son Premier ministre Edouard Philippe, le chef de l’Etat a décidé de s’exprimer ce lundi 3 juillet devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Et dès après une minute de silence en hommage à Simone Veil, Emmanuel Macron n’a pas attendu très longtemps pour étriller tranquillement les quinquennats de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande :

Que vous incarniez ces opinions différentes ne change rien à l’obligation collective qui pèse sur nous. Cette obligation est celle d’une transformation résolue et profonde tranchant avec les années immobiles ou avec les années agitées, toutes aux résultats également décevants.

Difficile de ne pas voir un petit scud à Nicolas Sarkozy quand il parle des "années agitées" et de voir une critique du mandat de François Hollande quand il évoque ces années "immobiles". Toutes, de toute manière, jugées "décevantes" par Emmanuel Macron, qui poursuit, toujours sur le mode "critique du monde ancien" remplacé à la présidentielle et aux législatives par le "nouveau monde" :

Ce qui nous est demandé par le peuple est de renouer avec l’esprit de conquête qui l’a fait pour enfin le réconcilier avec lui-même. En vous élisant dans votre nouveauté radicale à l’Assemblée nationale, le peuple français a montré son impatience à l’égard d’un monde politique trop souvent fait de querelles ou d’ambitions creuses. C’est aussi à une manière de voir la politique qu’il a donné congé. Les Français ont exprimé une impérieuse attente, la volonté d’une alternance profonde. Je suis sûr que vous êtes tous aussi conscients que moi.

Annonçant qu’il veut "changer les institutions" et prônant "une voie radicalement nouvelle", Emmanuel Macron n’en profite pas moins pour marquer une césure forte, dans les mots, avec ceux qui l’ont précédé à l’Elysée. Et pour qui il ne semble pas être très bienveillant.

Et rebelote quelques minutes plus tard au moment d'annoncer qu'il s'exprimera tous les ans devant le Parlement réuni en Congrès :



Le devoir d’efficacité ne saurait peser que sur le Parlement. L’exécutif doit en prendre sa part. C’est pourquoi j’ai voulu vous réserver ma première expression politique. Trop de mes prédécesseurs se sont vus reprocher de n’avoir pas fait la pédagogie de leur action ni d’avoir exposé le sens et le cap de leur mandat. Trop d’entre eux ont pris des initiatives dont le Parlement n’était que secondairement informé pour que je me satisfasse d’en reconduire la méthode.

Encore une manière de se démarquer des deux derniers quinquennats dont il semble vouloir prendre la direction totalement opposée. 

Du rab sur le Lab

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