Discrètement, Jean-Luc Mélenchon ne dit plus que "la rue a abattu les nazis" mais qu'elle les "a chassés"

Publié à 12h15, le 24 septembre 2017 , Modifié à 12h16, le 24 septembre 2017

Discrètement, Jean-Luc Mélenchon ne dit plus que "la rue a abattu les nazis" mais qu'elle les "a chassés"
Jean-Luc Mélenchon © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Sylvain Chazot


La formule a surpris. Voire choqué. Samedi 23 septembre, en entame de son discours place de la République, Jean-Luc Mélenchon a répondu à Emmanuel Macron qui, quelques jours plus tôt sur CNN, avait expliqué que "la démocratie, ce n'est pas la rue". Le leader de la France insoumise l'a fait en expliquant, notamment, que c'était la rue qui avait "abattu les nazis"... Des "propos indignes et honteux" selon Muriel Pénicaud, invitée du Grand Rendez-Vous ce dimanche. "Indigne de porter ces couleurs quand on mêle démocrates et républicains à la fange nazie", s'était quant à lui ému Christophe Castaner, samedi.

Jean-Luc Mélenchon lui-même a dû intervenir ce dimanche pour expliquer que non, il ne compare pas le gouvernement actuel au régime nazi. "Cela va de soi. Qu’un Castaner veuille le faire croire est de son niveau. Mais qu’il soit relayé pour faire du buzz dit bien le niveau d’abaissement auquel en sont rendus d’aucuns. Tout le monde peut vérifier le montage mensonger qui est fait de mon propos en regardant le début de mon discours puisqu’il reste en ligne", écrit-il sur son blog. De fait, l'ancien candidat à la présidentielle ne compare par le gouvernement au IIIe Reich.

Jean-Luc Mélenchon précise qu'il a demandé à Emmanuel Macron "d'apprendre l'histoire de France". Il ajoute :



Il y aurait vu que la démocratie vint par la rue quand celle-ci abattit les rois, chassa les nazis, créa le droit à la section syndicale, la quatrième semaine de congés payés en 1968...

On notera donc un petit mais néanmoins révélateur changement de vocabulaire, Jean-Luc Mélenchon ne disant plus que la rue "a abattu les nazis" mais les a "chassés", différence qui a son importance, le raccourci opéré la veille par l'ancien candidat à la présidentielle ayant pu surprendre.

L'historienne Mathilde Larrere, qui aime reprendre les politiques sur leurs erreurs historiques, a apporté une précision de taille. "Evidemment que 'la rue n’a pas abattu les nazi'… En plus la 'rue' quand elle est insurrectionnelle, révolutionnaire, ou manifestante, ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas pareil de prendre les armes et de battre le pavé. Sans compter que les contextes n’ont rien à voir", écrit-elle sur le célèbre réseau social, ajoutant que pour "abattre les nazis il a fallu des années de guerre, des années de résistances intérieures, il a fallu l’armée rouge, les armées alliées, les maquis, les réseaux de résistances, tant de morts".

L'historienne relève toutefois que dans le cas de Paris, l'insurrection des habitants a permis d'harceler les armées allemandes, entamant la libération de la ville. Abattre non, mais participer à leur chasse, oui. 





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