Dix ans après Nicolas Sarkozy, François Fillon dénonce le "tabou" autour de "l'identité" de la France

Publié à 16h05, le 15 avril 2017 , Modifié à 16h13, le 15 avril 2017

Dix ans après Nicolas Sarkozy, François Fillon dénonce le "tabou" autour de "l'identité" de la France
François Fillon et Laurent Wauquiez au Puy-en-Velay le 15 avril 2017. © Thierry Zoccolan / AFP
Image Julien Chabrout


Les affaires ont sans doute détourné une partie des catholiques de François Fillon. A une semaine du premier tour, le candidat Les Républicains tente de (re) faire le plein auprès d’une clientèle électorale qui s’était mobilisée en sa faveur lors de la primaire de la droite. En ce week-end de Pâques, François Fillon s’est ainsi rendu au Puy-en-Velay samedi 15 avril, dans le fief du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez.

Dans ce lieu de départ de l’un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, le candidat LR a tenu un discours sur l’identité de la France. Depuis l’Hôtel Dieu, le député de Paris a évoqué sans sourciller "l’étrange tabou" qui pèserait en France sur cette thématique. Voilà ce qu’il a déclaré, selon le discours transmis à la presse :

 



Je suis venu vous parler de l’identité de notre nation, je suis venu vous parler de la France (…) Il y a un bien étrange tabou dans notre pays qui résonne, ainsi que l’écrivait l’historien Marc Bloch, comme une étrange défaite. Oui, on n’ose plus prononcer, aujourd’hui, les mots 'd’identité', de 'France', de 'nation', de 'patrie', de 'racines' et de 'culture'. On est sommés de se faire discrets. Eh bien non,  ensemble, nous prenons la parole.

Des propos qui interrogent. On se souvient de Nicolas Sarkozy disant vouloir briser les "tabous" à ce sujet. Le candidat de l’UMP lors de la présidentielle de 2007 avait fait de "l’identité nationale" un thème majeur de sa campagne. La création d’un ministère de l’immigration et de l‘identité nationale était une promesse de campagne de l’ex-candidat. Ce dernier avait relancé le débat sur "l’identité nationale" en 2009.

Depuis, la question a fait régulièrement débat, tout particulièrement lors de la primaire de la droite. A plusieurs reprises, François Fillon avait notamment souligné qu’à ses yeux la France n’était pas une nation multiculturelle.

Au Puy-en-Velay, ce samedi, le candidat de la droite a donc évoqué sa vision de la France : "Ma France à moi, elle est naturellement traversée d’Histoire, de culture, de gestes épiques. Chacun est libre d’écrire son roman national", a déclaré l’ancien Premier ministre, qui "propose la mémoire partagée", plutôt que "la négation des racines".

 



 

 


Nicolas Sarkozy s’était lui aussi rendu au Puy-en-Velay, où il avait délivré un discours sur "l’héritage chrétien" de la France. C’était le 3 mars 2011. A l’époque, l’ancien président de la République avait estimé que "la protection de notre patrimoine est un devoir politique". "Donnons-nous les moyens de protéger notre patrimoine", a pour sa part lancé François Fillon six ans plus tard. "La France ne peut vivre sans la grandeur", a aussi déclaré le candidat LR, quand Nicolas Sarkozy évoquait "la grandeur nationale".

Pour Nicolas Sarkozy version 2011, "la France a toujours été à la confluence de plusieurs influences culturelles dont les traces sont clairement visibles, ici même au Puy-en-Velay". Six ans plus tard, François Fillon a dit "ressentir presque physiquement, charnellement, combien nous nous trouvons aux confluences de notre histoire, de nos racines". Pas un copier/coller, mais une proximité idéologique assez parlante entre les deux personnalités politiques.

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