Donald Trump élu : pour Laurent Fabius, c'est (aussi) un peu la faute des réseaux sociaux

Publié à 06h53, le 10 novembre 2016 , Modifié à 06h53, le 10 novembre 2016

Donald Trump élu : pour Laurent Fabius, c'est (aussi) un peu la faute des réseaux sociaux
Laurent Fabius © MICHAL CIZEK / AFP
Image Sylvain Chazot


C'est toujours la même rengaine : quel que soit le résultat d'une élection, celui-ci est toujours un moyen pour les politiques en parade de tirer un enseignement, la preuve que ce qu'ils disent, eux, est vrai. La victoire de Donald Trump à la présidence des États-Unis d'Amérique ne fait pas exception, bien au contraire. Ne serait-ce qu'à droite, tous les candidats à la primaire ont vu dans cette élection une manière de vendre leur candidature, là en vantant le combat contre "la pensée unique", là en s'opposant aux extrémismes, etc.

Ceux qui ne concourent à rien savent aussi commenter l'élection du 45e président américain, sans doute avec un peu plus de recul.

Laurent Fabius, par exemple, voit dans ce succès la confirmation d'un "mouvement large" de contestation de la politique traditionnelle, mouvement qui pourrait aisément s'exporter. Et cela, c'est un peu la faute d'internet. Dans Le Figaro ce jeudi 10 novembre, le président du Conseil constitutionnel dit :

Le contraste est violent entre le fait que l'information sur la planète est devenue accessible à tous et cet autre fait que la capacité de décision des individus sur leur propre environnement est de plus en plus faible. Cette prise de conscience pousse les électeurs à une contestation globale et à un repli. Cette tendance est accentuée par le nouveau système politico-médiatique. Nous sommes entrés dans une 'ère de postvérité', de 'démagopolitique', où la parole coup de poing et la posture télévisée comptent plus que l'examen raisonné de leur bien-fondé. McLuhan disait déjà: 'Le message, c'est le médium' ; la surpuissance des réseaux sociaux contribue à créer une nouvelle donne politique.

L'analyse avait déjà été faite après la victoire du Brexit en Grande-Bretagne après une campagne où les mensonges des tenants de la sortie de l'Union européenne avaient été démontés et dénoncés sans que cela ait un quelconque impact sur les électeurs. Le même phénomène a, semble-t-il, eu lieu aux États-Unis où les contre-vérités du candidat Trump ont été scrutées et affichées par les médias traditionnels, avec le résultat que l'on sait : la vérité factuelle prend moins de place que le ressenti. 

La victoire de Donald Trump, comme la montée des extrémismes un peu partout dans le monde, ne saurait cependant s'expliquer simplement par le développement des réseaux sociaux et d'une offre d'information militante alternative opposée à l'offre traditionnelle. "De nombreux individus sont déboussolés, notamment par les formes de la mondialisation, qui remet en cause des équilibres économiques, idéologiques, familiaux, nationaux, fait sauter des repères, menace des parcours, conduits à des déclassements. Ces bouleversements provoquent des réactions de rejet envers les pouvoirs établis, favorise les pouvoirs autoritaires et les replis nationaux", ajoute ainsi Laurent Fabius. 

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