Donald Trump élu : Jean-Marc Ayrault dit la "vigilance" de la France quant à "notre conception du monde"

Publié à 08h47, le 09 novembre 2016 , Modifié à 08h57, le 09 novembre 2016

Donald Trump élu : Jean-Marc Ayrault dit la "vigilance" de la France quant à "notre conception du monde"
Jean-Marc Ayrault © AFP

C'est la première réaction officielle de la diplomatie française aux résultats de l'élection présidentielle américaine, donnant Donald Trump élu face à Hillary Clinton. Sur France 2 tôt mercredi 9 novembre, Jean-Marc Ayrault dit "attendre l'élection officielle", mais commente déjà la très probable victoire du candidat Républicain. Une élection qui pose "beaucoup de questions" et "nous interpelle", selon le ministre des Affaires étrangères. 

Le résident du Quai d'Orsay rappelle : "La France est l'alliée des États-Unis, nous sommes un pays partenaire des États-Unis, nous avons besoin de travailler ensemble pour un monde équilibré, pour un monde de paix, pour un monde qui traite aussi les questions du monde." Mais il s'interroge "du point de vue à la fois des principes qui sont les nôtres, de nos objectifs de paix, de développement" :

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Par exemple, que va devenir l'accord de Paris sur le climat que Donald Trump veut remettre en cause, que va devenir l'accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump veut remettre en cause ? Ce sont des questions essentielles que nous posons déjà.

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Il cite également "notre lutte commune contre le terrorisme" et "le dossier syrien". "Il va falloir essayer de savoir ce que veut faire ce nouveau Président. Puisque ce qu'il a dit jusqu'à présent provoque bien des inquiétudes", ajoute Jean-Marc Ayrault. Jugeant essentiel de ne "pas affaiblir" mais de "clarifier" nos relations avec les États-Unis, le chef de la diplomatie parle d'une France qui "veut discuter d'égal à égal" avec son allié. "Elle est alliée mais elle ne s'aligne pas", affirme-t-il. Et de lancer :

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Vigilance, exigence par rapport à nos intérêts mais aussi par rapport à notre conception du monde. On ne veut pas d'un monde où chaque pays se recroqueville derrière ses frontières, monte des murs et ne règle rien et c'est l'égoïsme qui triomphe. [...] Il y a plus d'incertitudes mais nous travaillons justement pour les lever. [...] Je peux vous dire - je reviens de Chine - que la voix de la France compte et qu'elle est attendue

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Il en appelle aussi à l'Europe, qui ne doit surtout pas "flancher". "Il faut que l'Europe soit plus solidaire, il faut que l'Europe soit plus active, soit plus offensive, ne serait-ce que pour se protéger. [...] Il faut relever ce défi d'une Europe qui soit capable de mieux défendre ses citoyens, de mieux défendre ses intérêts", dit Jean-Marc Ayrault. 

Car l'ancien Premier ministre voit aussi dans cette issue électorale le poids des "inégalités sociales" aux États-Unis. "Il faut prendre en compte cette attente, cette aspiration et cette nécessité de justice", estime-t-il, avant de poursuivre dans ce qui pourrait bien être un message en vue des prochaines échéances en France : 

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Car n'oubliez pas une chose. Aux États-Unis, il y a eu les primaires, et les primaires démocrates ont vu la montée d'un candidat qui s'appelle Bernie Sanders, qui a fait des scores extraordinaires sur justement des bases de justice sociale.

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[BONUS TRACK]

L'ambassadeur de France aux États-Unis a fait polémique, dans la nuit de mardi à mercredi. "Après [le] Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige", a écrit Gérard Araud sur Twitter - avant de supprimer son message. Au FN notamment, on s'insurge de cette expression qui selon eux dépasse le cadre du "devoir de réserve" du diplomate. Interrogé à ce sujet, Jean-Marc Ayrault appelle au calme :

 

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Il faut garder son sang-froid. Et en ce qui me concerne, je rappelle que le président des États-unis prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, qu'il y a du travail qui a été fait aussi bien avec les équipes d'Hillary Clinton que de Donald Trump, c'est la tradition américaine, qu'il y aura la nomination de 4.000 personnes qui vont diriger la nouvelle administration donc on va savoir peu à peu qui seront nos interlocuteurs.

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