Donald Trump n'a pas de candidat préféré pour la présidentielle française, selon son porte-parole

Publié à 18h16, le 21 avril 2017 , Modifié à 22h31, le 21 avril 2017

Donald Trump n'a pas de candidat préféré pour la présidentielle française, selon son porte-parole
Donald Trump © Mandel NGAN / AFP
Image Etienne Baldit


Les responsables politiques français, des plus "petits" aux plus éminents comme le chef de l'État, avaient pris position au cours de l'élection présidentielle américaine. Et il y avait évidemment assez peu de monde pour soutenir la candidature de Donald Trump, à part le Front national. Le parti d'extrême droite avait - d'abord indirectement puis beaucoup plus frontalement - dit sa préférence pour le milliardaire Républicain, en raison de ses propositions en matière de politique économique et étrangère, mais aussi par opposition à Hillary Clinton. Mais le président des États-Unis, lui, refuse de se prononcer.

Interrogé vendredi 21 avril, à deux jours du premier tour, pour savoir si le successeur de Barack Obama avait "un candidat préféré" parmi les 11 prétendants à la présidentielle française, le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a simplement répondu "non", selon plusieurs correspondants français aux États-Unis :







Pas de candidat préféré donc, et pas même Marine Le Pen, qui était l'une de ses plus ferventes avocates en France (du moins jusqu'à sa décision de frapper une base militaire syrienne en réponse à une terrible attaque chimique attribuée au régime de Bachar al-Assad, qui entrait en contradiction avec toutes ses précédentes prises de position non-interventionnistes sur ce genre de sujet). Petit coup dur donc pour la présidente du parti d'extrême droite qui estime avoir inspiré Donald Trump avec ses propositions et s'était même rendue à la Trump Tower à New York, sans pour autant rencontrer le 45ème président US.

Cette absence de prise de position n'est cependant pas incompatible chez Donald Trump avec sa frénésie de commentaires sur cette élection, comme sur de nombreux autres sujets. Dans la matinée, le président américain s'était ainsi fendu d'un tweet de réaction à l'attentat des Champs-Élysées la veille, qui a coûté la vie à un policier. "Le peuple français n'acceptera plus cela très longtemps. Cela aura un gros effet sur l'élection présidentielle", avait-il écrit.





[Edit 22h]

Mais dans une interview à l'Associated Press publiée dans la foulée, Donald Trump salue les positions de Marine Le Pen. "Elle est la plus ferme sur les frontières et la plus ferme sur ce qui se passe en France", a-t-il expliqué, jugeant que l'attaque des Champs-Élysées l'"aiderait probablement" pour la présidentielle. Le président américain précise toutefois très clairement qu'il ne s'agit pas d'un soutien à proprement parler ("Trump said that [...] he is not explicitlty endorsing Le Pen", écrit l'Associated Press). Mais cela n'a évidemment pas empêché certains cadres frontistes de prétendre l'inverse en se réjouissant du supposé "soutien" apporté à leur candidate par Donald Trump. C'est le cas de Marion Maréchal-Le Pen, qui a finalement supprimé son premier tweet pour en faire un second conforme à la réalité :





Damien Philippot (frère de et membre de l'équipe de campagne de Marine Le Pen), y est également allé de son intox à ce sujet :



Dans une interview au Financial Times le 3 avril, le milliardaire devenu le 45ème président des États-Unis était interrogé sur Marine Le Pen et le fait de savoir si son éventuelle élection "validerait" son action à lui depuis son arrivée à la Maison Blanche. Il avait alors répondu :



Je ne sais pas ce qui va se passer. Je sais que des distractions extérieures ont eu lieu, qui ont changé l'élection. Ça va être une course intéressante. Je ne sais vraiment pas et je ne la connais pas. Je ne l'ai jamais rencontrée. Ça va être une élection très intéressante. Mais vous savez, des choses extérieures se sont produites qui vont peut-être modifier le cours de cette élection.

Le lendemain, la candidate frontiste assurait que Donald Trump savait "évidemment" qui elle était, préférant ne retenir que la partie "je ne l'ai jamais rencontrée" de cette déclaration...





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