Double-ration de frites : François Baroin trouve "plus insultant" les "blancos" de Valls et les "illettrées" de Macron

Publié à 11h05, le 14 novembre 2016 , Modifié à 11h33, le 14 novembre 2016

Double-ration de frites : François Baroin trouve "plus insultant" les "blancos" de Valls et les "illettrées" de Macron
© Christophe Petit Tesson / POOL / AFP
Image Amandine Réaux


Une semaine plus tard, la petite phrase continue d’être commentée. Lors d’un meeting à Neuilly-sur-Seine le 7 novembre, Nicolas Sarkozy a évoqué la "double ration de frites" que pourraient manger les enfants qui ne consomment pas de porc.Moqués par ses concurrents à la primaire de la droite, les propos de l’ancien chef de l’État sont défendus ce 14 novembre par François Baroin. Ils correspondent à "une image, des propos de tribune et un élément du débat", a estimé sur France Inter celui qui devrait accéder à Matignon en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai 2017.

Ne lui parlez pas de "désaccord" avec son champion, François Baroin préfère le terme de "complémentarité". Le sénateur-maire de Troyes, en tant que Président de l’Association des maires de France, prône les menus de substitution dans les cantines scolaires. Malgré ce désaccord - "complémentarité", pardon - le sénateur-maire de Troyes n’est pas *profondément choqué*. Et hop, ni vu ni connu, il embraye sur des propos choquants tenus par des personnalités de gauche, et pas n’importe lesquelles : deux présidentiables, le Premier ministre Manuel Valls et le fondateur d’En Marche Emmanuel Macron. Il dit :

- François Baroin : Les uns et les autres en font des gorges chaudes. Moi ça ne me choque en aucune façon. En revanche, quand j’entends par exemple monsieur Valls parler des blancos sur le marché à Évry, je suis choqué.

- France Inter : C’était pas une déclaration de tribune…

- François Baroin : C’est peut-être encore pire parce que c’était une confidence sous le manteau qui a été pris [sic] à la sauvette par une caméra. Lorsque monsieur Macron nous parle des illettrées de Gad, voilà, ça c’est un peu plus insultant et un peu plus choquant. [...] Le reste, c'est une image, des propos de tribune et un élément du débat.

L’ancien ministre de l’Économie avait créé une vive polémique après avoir qualifié les employées des abattoirs Gad d’"illettrées". Quand au Premier ministre, ses propos remontent à 2009. Alors maire d’Évry, il avait demandé à son directeur de cabinet d'installer "quelques blancs, quelques white, quelques blancos" à l'entrée d'une brocante. Des propos captés par la caméra de D8.

Toujours est-il que François Baroin a apporté dans le studio de France Inter une solution alternative toute faite aux menus de substitution qui divisent sa famille politique. Partant du principe que "la cantine est un service public facultatif", l’élu aubois suggère de prévenir la famille "un mois, un mois et demi avant". Ce qui lui permettrait de prévoir de "retirer l’enfant" le jour où il est prévu de servir du jambon. Il dit :



Vous prévenez la famille un mois, un mois et demi avant. Et si la personne n'est pas contente au regard de sa pratique, ce qui est éminemment respectable, eh bien dans ce cas, pendant un jour il [sic] retire l'enfant. [...] Si on annonce suffisamment tôt, qu'il y a une reconquête par les mots et qu'il y a un rééquilibrage diététique dans un service public facultatif, il me semble qu'on a réglé à peu près le périmètre d'un sujet qui est aussi fantasmagorique que tel ou tel autre sujet.

François Baroin n’explique pas en revanche comment la "double-ration de frites" peut entrer dans le cadre d’un "rééquilibrage diététique". Mais il s’agit peut-être là une autre *complémentarité* entre lui et son poulain…

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