Le name-dropping de Sarkozy

Publié à 22h18, le 06 mars 2012 , Modifié à 00h15, le 07 mars 2012

Le name-dropping de Sarkozy
Nicolas Sarkozy, mardi 6 mars, sur le plateau de Des paroles et des actes

Emission de la dernière chance, que ce « Des paroles et des actes », diffusé ce mardi 6 mars, sur France 2, alors que le président-candidat Nicolas Sarkozy peine à « raccrocher » avec son concurrent socialiste dans les sondages ? Sans doute. Peut-être. 

En attendant, nous avons choisi de nous arrêter sur une autre caractéristique de cette intervention de Nicolas Sarkozy : elle était bourrée, en effet, de références, et autre recours au « name dropping», cette figure de style qui consiste à truffer ses discours de noms connus, et notamment des noms de personnes.

Le Lab vous propose un relevé, non exhaustif, de quelques-unes pépites évoquées, ce mardi soir, de manière plus ou moins conscientes.

  1. Roland Barthes, Jamel Debbouze, Fouquet’s, Duracel, "La vie est un long fleuve tranquille", ...

    Un film culte, un philosophe, un restaurant, un acteur, un homme d'affaires ... : retour sur quelques-uns de ces noms propres qui ont émaillé l'intervention de Nicolas Sarkozy, ce mardi 6 octobre dans la soirée, sur France 2.

    Ils ont été cités en direct :

    Jamel Debbouze : Cette fois, c’est un vrai name-dropping. Confronté à ses hésitations et à son quasi-bégaiement lorsque, le 22 février dernier,  il a été questionné sur sa lecture de l’épisode « Fouquet’s », sur le plateau de France 2 (la vidéo), Nicolas Sarkozy se compare à Jamel Debbouze.

    L’humouriste est très engagé à gauche, auprès de Martine Aubry, puis de François Hollande. Une manière de renvoyer la gauche dans ses 22 ?

    Pierre Bergé : Cette fois, c’est de la récidive : comme il avait déjà eu l’occasion de le faire le 27 février, au micro de RTL, Nicolas Sarkozy s’en est pris, mardi soir, à Pierre Bergé, l’homme d’affaires, propriétaire du Monde, et réputé assez proche de François Hollande.

    Fouquet’s : C’est une question rituelle de l’émission : « Si vous êtes élu, où irez-vous fêter votre victoire ? ».

    Oui mais voilà, dans le cas du président-candidat, qui peine, cinq ans après son élection, à se remettre cette Nuit du Fouquet’s, le choix a été fait de marteler le nom de ce lieu qui a profondément marqué le quinquennat.

    Ils ont été cités de manière subliminale :

    Etienne Chatillez, familles Groseille et Le Quesnoy : Mais si, souvenez-vous, c’était dans La vie est un long fleuve tranquille, film culte d’Etienne Chatillez (1988). Eh bien c’est sur ce constat de vie que s’est ouverte l’émission ouverte Des paroles et des actes, ce mardi 6 mars, sur France 2.

    Au plus bas dans les sondages, et interrogé par David Pujadas sur les évolutions de cette cote de popularité, Nicolas Sarkozy a tout simplement confessé, en une référence évidente au film : 

    "

     La vie n’est pas un long fleuve tranquille 

    "

    Roland Barthes : Certes, le président candidat n’a pas directement cité le philosophe français, « père » du Discours d’un fragment amoureux (1977).

    N’empêche. Au cours de la première partie de l’émission, qui s’est déroulée en tête à tête avec David Pujadas, Nicolas Sarkozy a usé d’un vocabulaire profondément ancré dans le langage amoureux : « passion » qui l’anime, « cadeaux » offerts par les Français, évocation de se « donner ».

    Barthes évoquait « la dimension érotique » de la philosophie. Nicolas Sarkozy voulait-il évoquer là celle du pouvoir ?

  2. A quoi ça sert, le name dropping en politique ?

    Sur europe1.fr

    Mais d’où vient vraiment cette volonté de désigner ?

    Evidemment, il est question là d’en appeler à des figures connues, qui permettent de dégager, pendant quelques minutes, l’attention sur la personne du président.

    Evidemment, il est également question d’utiliser des expressions « populaires », pour rapprocher le président de ses électeurs.

    Il y a une semaine, Europe1.fr posait la question au politologue Stéphane Rozès, fondateur de l’agence CAP.

    Nicolas Sarkozy venait en effet de s’illustrer dans le recours à cette technique, en l’espace de quatre jours et deux interviews, en s’en prenant à deux hommes d’affaires  (Mathieu Pigasse et Pierre Bergé, déjà), ainsi qu’à un patron de radio (Olivier Poivre d’Arvor). 

    Pourquoi, alors, cette même volonté de désigner ? Stéphane Rozès expliquait :

    "

    Si Nicolas Sarkozy use de cette technique c’est avant tout pour contrer l’image, majoritaire dans l’opinion, selon laquelle il a mené une politique en faveur des catégories plus aisées durant son quinquennat. Il essaie ainsi de dire que c’est François Hollande - et surtout pas lui - l’ami des riches.

    "
  3. En 2009, déjà ….

    Sur dailymotion.com

    Cette tactique n’est pas née de la dernière campagne 2012.

    En 2009, déjà, le premier secrétaire du Parti socialiste, Benoît Hamon, dénonçait ce « name-dropping, […] spécialité de Sarkozy» :

Du rab sur le Lab

PlusPlus