Écoutes de la NSA : François Fillon "ne croit pas" les États-Unis, qui assurent avoir mis fin à ces pratiques

Publié à 09h03, le 25 juin 2015 , Modifié à 09h24, le 25 juin 2015

Écoutes de la NSA : François Fillon "ne croit pas" les États-Unis, qui assurent avoir mis fin à ces pratiques
© THOMAS SAMSON / AFP

ON N'EST PAS DUPES - "Il y a une seule réaction possible, c'est l'indignation qui doit déboucher sur des décisions pour faire en sorte que les États-Unis comprennent qu'ils ne peuvent pas continuer à se comporter de cette manière". François Fillon est révolté par les révélations sur la mise sur écoutes de Chirac, Sarkozy et Hollande par la NSA. Des pratiques qui, à en croire Barack Obama, n'auraient plus cours aujourd'hui. Mais il en faudra plus que cette promesse du président américain pour convaincre le député LR de Paris.

Invité de RTL jeudi 25 juin, l'ancien Premier ministre partage donc sa colère mais aussi son scepticisme. Croit-il les États-Unis lorsque ceux-ci affirment avoir mis un terme aux écoutes de la présidence française ? Eh bien non :

 

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J'en sais rien et honnêtement non, je ne les crois pas.

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François Fillon n'est donc absolument pas dupe de tout ce petit manège. Et d'embrayer sans transition sur une violente critique moqueuse de l'action de François Hollande dans ce dossier :

 

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Et je pense que le président de la République est très en-dessous de ce qu'il devrait faire. La mise en scène du coup de fil à Obama hier était de mon point de vue juste ridicule.

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Plus loin, il ajoute :

 

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[On a] un président de la République qui se contente de se mettre en scène sur un tweet, une photo du coup de téléphone qu'il a donné à monsieur Obama qui a dû le terroriser. C'est pas ça qu'on attend.

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Ce tweet que François Fillon juge "ridicule", le voici :

Il donne ensuite son avis sur la réaction qui devrait être celle du chef de l'État français :

 

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Ce qu'il doit faire, c'est prendre une décision qui concerne les intérêts américains. Et il y en a une qu'il faut prendre tout de suite, c'est de suspendre les discussions sur l'accord transatlantique tant qu'il n'y a pas des engagements suffisamment clairs des États-Unis sur cette question [une revendication également portée par Jean-Luc mélenchon, le FN ou certains au PS, ndlr]. Mais derrière cette affaire, il y a quelque chose de beaucoup plus grave [...] : l'Europe n'est pas indépendante et l'Europe n'est pas indépendante parce qu'elle ne fait rien pour être indépendante. Au fond, c'est moins les Américains qu'il faut blâmer que la faiblesse des Européens.

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[BONUS TRACK] C'est pas sérieux, les gars

Tous ces politiques qui ne sont "pas surpris" par ces écoutes ? Un dangereux "cynisme", pour François Fillon. Sur ce coup-là, jouer la carte du "on n'est pas dupes" n'est pas à la hauteur selon lui, même si les "soupçons" sur ces écoutes sont une "réalité" :

 

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Qu'on ait des soupçons sur le fait qu'il y ait des tas de gens qui vous écoutent et pas seulement les américains, peut-être même au sein même de l'État français, c'est une réalité. [...] Je trouve que c'est une attitude de commentateur, c'est pas une attitude d'acteur politique. On peut pas accepter, même si on s'en doute, même si on le sait, même s'il y a des tas de raiosn de le penser, on peut pas accepter qu'un État ami écoute les plus hautes autorités de l'État, c'est juste insupportable. Et d'ailleurs, l'inverse se produirait que la réaction américaine serait d'une violence extrême.

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