Écoutes de présidents français par la NSA : un argument de plus pour les opposants au projet de loi sur le renseignement

Publié à 07h19, le 24 juin 2015 , Modifié à 10h00, le 24 juin 2015

Écoutes de présidents français par la NSA : un argument de plus pour les opposants au projet de loi sur le renseignement
© AFP

ARROSEUR ARROSE - La coïncidence est presque trop grosse pour être vraie. Les nouvelles révélations de Wikileaks, en collaboration avec Mediapart et Libération, mardi 23 juin, surgissent à la veille du vote définitif par le Parlement du décrié projet de loi sur le renseignement. Et les écoutes de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande par la NSA fournissent un nouvel argument supplémentaire aux opposants au projet de loi sur le renseignement.

Ainsi le député PS frondeur Pouria Amirshahi formalise cet argument :

Pour le sénateur centriste Yves Pozzo di Borgo, il s’agit de "l’arroseur arrosé" :

La députée de Les Républicains, Laure de La Raudière, pas spécialement une grande fan de la loi renseignement portée par Bernard Cazeneuve a préféré ironisé sur ce carambolage d’actualités :

Opposant acharné de la première heure à ce projet de loi, le porte-parole d'EELV Julien Bayou a lui aussi mis en avant la concomittence entre ces révélations et le vote du texte sur le renseignement. 

Une position semble-t-il loin d'être unanime chez les écolos. Ainsi le coprésident du groupe écolo à l'Assemblée, François de Rugy, a quant à lui, au contraire, estimé que la loi renseignement était une bonne chose face à ces écoutes extérieures.

 

 

Invité d'iTÉLÉ ce mercredi 24 juin, Stéphane Le Foll ne voit pas bien le rapport qui peut exister entre l'affaire des écoutes des présidents français et le projet de loi sur le renseignement. "On a un cadre, on a un commission de contrôle. Le politique peut décider mais il est contrôlé. On n'est pas du tout dans le même débat, pas du tout", explique le porte-parole du gouvernement. 

Le Parlement va adopter définitivement mercredi soir, par un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi controversé sur le renseignement, défendu notamment au nom de la lutte antiterroriste par le gouvernement mais qui légalise des pratiques contestables des services selon ses détracteurs. Le projet de loi définit les missions des services de renseignement (de la prévention du terrorisme à l'espionnage économique), ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle des techniques d'espionnage (écoutes, pose de caméra ou de logiciel-espion, accès aux données de connexion, etc.).

En parallèle, ces nouvelles révélations ont également poussé de nombreux politiques à remettre en cause les négociations européennes actuelles autour du traité transatlantique, TAFTA.

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