Édouard Philippe n'a "pas peur" de la réédition des pamphlets antisémites de Céline

Publié à 10h38, le 07 janvier 2018 , Modifié à 10h42, le 07 janvier 2018

Édouard Philippe n'a "pas peur" de la réédition des pamphlets antisémites de Céline
Edouard Philippe © AFP
Image Etienne Baldit


Bagatelles pour un massacre, L'école des cadavres et Les Beaux draps : ces textes ouvertement antisémites ont été écrits par Louis-Ferdinand Céline entre 1937 et 1941. Et ces pamphlets vont être réédités par Gallimard en mai 2018, comme l'avait révélé en décembre L'Incorrect, ce magazine fondé par des proches de Marion Maréchal-Le Pen et favorable à l'union des droites.

Une nouvelle publication forcément polémique, à laquelle Édouard Philippe est cependant favorable au nom de l'importance historique et littéraire de l'oeuvre de Céline. Dans Le JDD dimanche 7 janvier, le Premier ministre se prononce pour cette réédition à visée éducative, pointant la nécessité de "soigneusement l'accompagner". Il dit :



Il y a d'excellentes raisons de détester l'homme, mais vous ne pouvez pas ignorer l'écrivain ni sa place centrale dans la littérature française. Je n'ai pas peur de la publication de ces pamphlets, mais il faudra soigneusement l'accompagner.

Une prise de position dans la lignée des "garanties" déjà exigées par le gouvernement, par la voix du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Dans un courrier à l'éditeur Antoine Gallimard, Frédéric Potier soutenait que "les modalités de mise à disposition du grand public de ces écrits doivent être réfléchies avec soin" et demandait à être éclairé "sur les conditions d'élaboration de cette édition critique et sur les mesures prises pour en garantir la scientificité et la pluridisciplinarité".

Le journaliste Pierre Assouline doit assurer la préface de cette nouvelle édition. De son vivant, le romancier (mort en 1961) du chef d'oeuvre Voyage au bout de la nuit avait refusé que ces ouvrages soient réédités après la guerre, mais sa veuve, Lucette Destouches, âgée de 105 ans, a finalement donné son accord. 

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