Élu depuis qu'il a 27 ans, François Fillon explique qu'être parlementaire n'est pas une "carrière professionnelle"

Publié à 22h08, le 24 novembre 2016 , Modifié à 22h14, le 24 novembre 2016

Élu depuis qu'il a 27 ans, François Fillon explique qu'être parlementaire n'est pas une "carrière professionnelle"
François Fillon © Capture d'écran TF1
Image Sylvain Chazot


L'un des sujets abordés durant le débat de l'entre-deux tours de la primaire, organisé ce jeudi 24 novembre sur TF1, France 2 et France Inter, a été les avantages accordés aux hommes politiques et notamment aux parlementaires. Interrogé sur ce sujet, François Fillon commence par expliquer qu'il y a "beaucoup de fantasmes" sur ce sujet et que, si on regarde dans le détail, il est un tout petit peu faux de dire que nos élus sont des privilégiés. Cela concerne notamment le régime de retraite des parlementaires.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy ajoute :

Le régime de retraite des parlementaires a été profondément remanié. Il est désormais aligné sur le régime général. Il ne reste plus qu'une seule différence qui est la possibilité pour les parlementaires de cotiser deux fois plus pour obtenir leur retraite dans un temps plus court. Il faut reconnaître que ce n'est pas une carrière professionnelle, la carrière de parlementaire.

Arrêtons-nous un instant sur cette dernière phrase : "Il faut reconnaître que ce n'est pas une carrière professionnelle, la carrière de parlementaire." François Fillon, relancé par le journaliste de TF1 Gilles Bouleau sur le sujet, reconnaît que certaines carrières de parlementaires sont parfois longues. "Dans ces conditions, ils cotisent plus longtemps", a-t-il argumenté. Mais pour le reste... 

C'est que François Fillon est plutôt mal placé pour expliquer que parlementaire n'est pas une "carrière professionnelle". Le candidat à la primaire de la droite a été élu député pour la première fois en… 1981 jusqu'en 1993 puis a été réélu en 1997, en 2007 et en 2012.

Entre temps, François Fillon n'a pas chômé. Il a été :

-          ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 1993 à 1995

-          ministre des Technologies de l'Information et de la Poste de mai à novembre 1995

-          ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace de 1995 à 1997

-          président des Pays de Loire de 1998 à 2002

-          ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité de 2002 à 2004

-          ministre de l'Éducation nationale de 2004 à 2005

-          sénateur de la Sarthe de 2005 à 2007

-          Premier ministre de 2007 à 2012

Depuis 1981, François Fillon a donc été parlementaire (député ou sénateur) durant 23 ans. Le reste du temps, il a été ministre, sauf de 1997 à 2002. On a vu pire comme non-carrière professionnelle.

Quant au régime de retraite des parlementaires, il est toujours dans le viseur de certains, et notamment de droite comme Alain Chrétien, soutien de Bruno Le Maire à la primaire.

Début novembre 2016, le député avait proposé à ses collègues de supprimer le régime de retraite des députés, ainsi que celui des sénateurs. Si le régime a été progressivement aligné sur le régime des fonctionnaires - et non pas le régime général comme l'affirme François Fillon - il conserve une certaine spécificité. Après un seul mandat, un élu touche 731 euros par mois de retraite de base et 400 euros de retraite complémentaires. "Cinq ans suffisent alors que la plupart des assurés cotisent plus de 40 ans", avait dénoncé Alain Chrétien.

"En 2015, le régime des députés a dépensé 63 millions d'euros en versant une pension moyenne de 2.700 euros net à 1.121 anciens élus et 714 ayants droits", précisait de son côté le journal Les Échos

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