Emmanuel Macron a décidé de mettre en scène les signatures de loi

Publié à 07h43, le 15 septembre 2017 , Modifié à 16h54, le 15 septembre 2017

Emmanuel Macron a décidé de mettre en scène les signatures de loi
Emmanuel Macron signant la loi de pour la confiance dans la vie politique. © LUDOVIC MARIN / AFP

COM' POL' - Emmanuel Macron est un as de la communication. Il l'a longuement démontré durant la campagne présidentielle. Il continue depuis qu'il est à l'Élysée. En bon expert de la mise en scène, le chef de l'État a donc décidé de médiatiser la signature des lois par sa main.

Ce vendredi 15 septembre, à 9h, depuis l'Élysée, le président de la République signera ainsi devant les journalistes, et plus particulièrement les caméras de télévision, les deux projets de loi organique et ordinaire pour la confiance dans la vie politique, une semaine après la validation du Conseil constitutionnel.

 

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Cette signature s'est déroulée juste avant la conférence de presse de la ministre de la Justice et du porte-parole du gouvernement sur le sujet. On vous laisse deviner lequel de ces deux événements recueillera le plus d'attention...

Cette pratique est en tout cas nouvelle. Et elle n'est pas innocente. Comme l'a noté l'ancien porte-parole du ministère de la Justice Pierre Januel, cette médiatisation "permet de remettre le président au cœur d'une loi, alors qu'il n'est jamais visible dans le processus".

La médiatisation des signatures de textes législatifs est très courante aux États-Unis comme on l'avait vu, peu après l'entrée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

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[EDIT 16h15] L'opposition dénonce une "mise en scène de blockbuster"

Rapidement après la publication sur les réseaux sociaux de la photo d'Emmanuel Macron signant la loi de confiance, plusieurs députés de la majorité se sont félicités de cette "promesse de campagne tenue", comme ici ou . Mais quand l'opposition commente, ça ne sonne pas tout à fait pareil. Ainsi, Pierre-Henri Dumont, député LR, déplore "tant de mise en scène pour une si petite loi". Et son collègue Julien Dive de lui répondre, non sans ironie :

Dommage que Richard Ferrand ne soit pas sur la photo de famille pour illustrer cette loi.

"Sans oublier Bayrou !", répond Pierre-Henri Dumont.

Plus tôt, Adrien Quatennens, député LFI, a dénoncé vigoureusement une "mise en scène de blockbuster". Il tweete :

Dans un style moins piquant, le député du groupe Nouvelle gauche, Olivier Dussopt, a pondéré les progrès effectifs de cette loi de moralisation, notamment en matière de casier judiciaire vierge. Il tweete : 

Juste après la signature des deux textes de cette fameuse loi de moralisation, le compte Twitter du Président a posté deux messages, un premier pour affirmer qu'avec cette ratification, l'exécutif a tenu ces engagements de campagne, un second pour vanter les principales avancées de cette loi : "Interdiction d'embaucher sa famille. Casier judiciaire B2 vierge. Rendre compte de ses indemnités".

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[BONUS TRACK] I wanna be like you

Il n'aura pas fallu attendre une journée pour que la signature publique de la loi de confiance inspire les membres de la majorité. Ainsi, en milieu d'après-midi, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, s'est fendu d'un tweet où on le voit assis à son bureau, signant des "décrets d'application".

On a hâte de voir Gérald Darmanin aller à la rencontre des organisations syndicales en se faisant hélitreuillé, le tout avec un maillot de l'OM sur le dos.

Du rab sur le Lab

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