Emmanuel Macron considère que l’audiovisuel public est "la honte de la République"

Publié à 11h57, le 05 décembre 2017 , Modifié à 20h02, le 05 décembre 2017

Emmanuel Macron considère que l’audiovisuel public est "la honte de la République"
© LOUISA GOULIAMAKI / AFP
Image Amandine Réaux


Aux yeux de ses adversaires à la présidentielle, Emmanuel Macron a longtemps été le chouchou des médias. Mais le chef de l’État n’entretient pas des relations aussi étroites avec la presse que son prédécesseur. Bien au contraire.

Selon L’Express, le Président a déclaré, lundi 4 décembre devant les députés de la majorité membres de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée, que l’audiovisuel était "la honte de la République". Il a également dénoncé "la mauvaise gestion, le gaspillage, la médiocrité des programmes et des contenus, les relations malsaines entre l'audiovisuel et ses partenaires extérieurs (animateurs, producteurs, etc)", selon l’hebdomadaire.

Ce dézingage intervient alors qu’un document de travail du ministère de la Culture a fuité, prévoyant des réductions drastiques d’effectifs.

Priée par le gouvernement de faire 50 millions d'euros d'économies en 2018 par rapport à 2017, la présidente Delphine Ernotte présentera le 21 décembre au conseil d'administration du groupe un vaste plan de réduction des dépenses, passant notamment par la suppression de 180 postes à la faveur de départs à la retraite.

Ce plan suscite l'inquiétude chez les salariés et Delphine Ernotte est sous la menace d'une motion de défiance des journalistes. Fin novembre, les journalistes de France Télévisions étaient montés au créneau pour protester contre la perspective d'une réduction de la fréquence de diffusion des magazines d'information "Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" sur France 2. Le mot-dièse #TouchePasAMonInfo a fleuri sur les réseaux sociaux en soutien aux journalistes enquêteurs. 

Malgré la décision de la direction de maintenir cette diffusion inchangée, les journalistes continuent d'envisager un vote sur une motion de défiance courant décembre. Concernant l'information, sujet très sensible, la nouvelle version du plan de Delphine Ernotte prévoit la suppression de 30 postes au total dans le groupe, dont trois sur les deux magazines "Envoyé spécial" et "Complément d'enquête", a confirmé France Télévisions.





[EDIT 17h12]

Auprès de CNEWS, Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, a démenti les propos prêtés à Emmanuel Macron par L'Express :



Je veux démentir de manière très claire. Il n'a pas dit que l'audiovisuel était une honte de la République. À aucun moment, il n'a dit ça. Ce qu'il a dit sur l'audiovisuel public et ce que nous, on a entendu en tant que parlementaire, c'est : 'Engagez vous sur le sujet de la transformation, de la modernisation et de la réforme de l'audiovisuel public."

[EDIT 18h28]

Auprès de l'AFP, plusieurs élus LREM et l'Élysée ont démenti "formellement la phrase rapportée par L'Express", selon laquelle le chef de l'Etat a dit que l'audiovisuel public serait "la honte de la République.

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