Emmanuel Macron dénonce l'hypocrisie de François Fillon qui tient une conférence de presse alors qu’il a demandé l’arrêt de la campagne

Publié à 08h58, le 21 avril 2017 , Modifié à 08h58, le 21 avril 2017

Emmanuel Macron dénonce l'hypocrisie de François Fillon qui tient une conférence de presse alors qu’il a demandé l’arrêt de la campagne
Emmanuel Macron et François Fillon © Montage Le Lab via AFP
Image Amandine Réaux


Un attentat revendiqué par Daech s’est déroulé, jeudi 20 avril sur les Champs-Élysées, tuant un policier et en blessant deux autres, en pleine émission politique des onze candidats à la présidentielle sur France 2. Par "solidarité" avec les policiers, François Fillon a estimé jeudi soir que la campagne pour le premier tour de l'élection présidentielle devait être suspendue, avec 24 heures d’avance, donc. "Je considère que dans le contexte que nous vivons, il n'y a pas lieu de poursuivre la campagne électorale", a déclaré le candidat LR. 

François Fillon a donc annulé son dernier déplacement à Chamonix, mais doit tenir une conférence de presse ce vendredi matin à son QG de campagne. Ce qu'Emmanuel Macron lui reproche. Invité de RTL, le candidat d’En Marche ! a sous-entendu que la suspension demandée son adversaire était hypocrite :



- Emmanuel Macron : Si j’avais arrêté la campagne, comme certains apparemment le souhaitent ou l’ont proposé, je ne serais pas devant vous ce matin.

- Journaliste : C’est François Fillon qui l’a demandé.

- Emmanuel Macron : J’ai pas le sentiment qu’il va le faire lui-même. C’est assez conforme au personnage puisque j’ai compris qu’il allait faire une conférence de presse ce matin. Quand on arrête une campagne, on fait pas de conférence de presse, mais enfin il nous a habitués à cela depuis le début.

 

L’ancien ministre de l’Économie a lui aussi décidé d’annuler ses déplacements pour des raisons de "décence" et de "sécurité", mais "continue" de faire campagne. Il explique :



Je suis devant vous ce matin. Je continuerai l’agenda de ce matin. J’ai annulé les deux rassemblements publics que je devais tenir à Rouen et à Arras pour des raisons simples. La première est une raison de décence : on ne fait pas un rassemblement public la dernière journée, qui est un rassemblement de mobilisation, de ferveur, le lendemain d’un acte terroriste et de la mort d’un de nos policiers. La deuxième chose : c’est un élément aussi d’efficacité. Je ne sais pas la fin de cette affaire, le procureur Molins n’a pas tout dit, et donc je veux aujourd’hui que les forces de l’ordre soient mobilisées éventuellement sur des priorités [...] que le ministère de l’Intérieur définira et pas sur la sécurisation d’un rassemblement politique.

Quelques minutes plus tard, sur France Inter cette fois-ci, Emmanuel Macron a continué d’attaquer la "démagogie" de François Fillon qui a changé d’avis sur la déchéance de nationalité :



La déchéance de nationalité, ça n’a aucun sens. J’entends d’ailleurs que monsieur Fillon a décidé, alors même qu’il était contre, maintenant de redevenir pour. C’est de la démagogie.

Au lendemain de l’attaque terroriste des Champs-Élysées et pour cette dernière journée de campagne, Emmanuel Macron a donc décidé de cibler en priorité l’ancien Premier ministre, qui a fait de la lutte contre ce qu’il nomme le "totalitarisme islamique" l’un de ses principaux thèmes de campagne.

Du rab sur le Lab

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