Macron ne veut surtout pas être vu comme l'anti-Trump (et vante leur "très bonne relation personnelle")

Publié à 16h53, le 09 novembre 2017 , Modifié à 17h21, le 09 novembre 2017

Macron ne veut surtout pas être vu comme l'anti-Trump (et vante leur "très bonne relation personnelle")
© Gif via @CillizzaCNN (Twitter)
Image Etienne Baldit


BFF - À première vue, tout ou presque oppose Emmanuel Macron et Donald Trump. De leur positionnement politique à leur incarnation du pouvoir en passant par leurs caractéristiques personnelles, il semble compliqué de trouver deux autres chefs d'État actuels si dissemblables. Mais le Président français refuse catégoriquement le qualificatif d'anti-Trump qui peut facilement lui être accolé.

Dans une interview au magazine américain Time, publiée jeudi 9 novembre, Emmanuel Macron est interrogé sur ses rapports avec son homologue étatsunien et sur cette étiquette d'anti-Trump. Et il dit :

Cela n'a pas de sens. Nous sommes tous les deux dûment élus par nos électeurs. Je ne suis pas là pour juger, pour dire que je suis l'opposant de qui que ce soit.

Soucieux de ne pas braquer le partenaire US et de préserver l'alliance avec l'Oncle Sam, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, l'entourage du chef de l'État semble lui aussi peu goûter cette catégorisation. "On ne peut pas faire sans les États-Unis", dit ainsi un conseiller d'Emmanuel Macron à Time, quand un autre ajoute que le président de la République "a besoin d'une relation de confiance" avec Donald Trump s'il espère le faire changer d'avis sur certains sujets - la même prudence a d'ailleurs toujours été affichée par la présidence française vis-à-vis de Vladimir Poutine.

Sauf qu'hormis la coopération entre la France et les États-Unis dans le cadre de la coalition internationale contre l'État islamique en Irak et en Syrie, les deux hommes n'ont pourtant pas vraiment de points d'accord. Entre la lutte contre le changement climatique (remember le retrait américain de l'accord de Paris et le très trollesque "Make our planet great again" du leader français) et les enjeux stratégiques internationaux (comme le nucléaire iranien), ils ont même surtout de grosses divergences...

Mais pas dans l'esprit d'Emmanuel Macron, qui préfère saluer sa "relation forte" avec le successeur de Barack Obama sur la sécurité, le contre-terrorisme et la défense. Il ajoute même, à deux doigts de la déclaration d'amour :

Je crois vraiment que nous avons une très bonne relation personnelle.

Des propos qui font écho à ceux, encore plus dithyrambiques, tenus par le président américain quelques jours après sa venue à Paris pour le défilé du 14-juillet. "J’ai une bonne relation avec lui, c’est un super gars. C'est un super gars. Intelligent. Fort", avait alors estimé Donald Trump. "C’est vrai, Emmanuel, je vous aime", avait-il carrément écrit à Macron dans un petit mot commentant un article de presse relatant leur bonne entente...

Tout va bien dans la meilleure des relations diplomatiques possibles, donc.







[BONUS TRACK] Devoir de déconnexion

Emmanuel Macron admet tout de même une grosse différence d'approche avec son poto Donald Trump, sans toutefois le citer nommément : son rapport à Twitter. On sait le président américain en roue libre totale sur le réseau social, quand la com' du Français y est beaucoup plus maîtrisée. À Time qui l'interroge sur le sujet, Emmanuel Macron explique ainsi longuement qu'un usage abusif de Twitter n'est pas très président-compatible :



Je ne tweete pas moi-même [...] car cela n'est pas compatible avec la distance qu'il faut pour gouverner et présider. Je pense que quand vous êtes dans la position de décider tout seul et quand vous avez la responsabilité de beaucoup de politiques publiques et de beaucoup de gens, vous ne pouvez pas réagir de façon permanente sur ce type de média, ou sur quelque média que ce soit. Il faut du temps, il faut de la distance, il faut vous organiser pour vérifier les faits, penser à ce à quoi vous devez réagir ou pas, parfois.

C'est pourquoi Twitter n'est pas toujours totalement adapté à ce type de travail. Ça va pour la vie privé, mais le problème, c'est que vous n'avez plus de vie privée quand vous êtes Président. Et pas de réaction privée. Votre réaction est la réaction d'un Président.

À voir dans cette vidéo, à partir de 4'55 :





Comme une énorme leçon de modération adressée en creux à Donald Trump, dont le comportement sur Twitter est l'antithèse absolue de la description ci-dessus, lui qui tweete ce qui lui passe par la tête dès le petit matin en regardant la télévision et continue de prendre à partie à peu près tout le monde quand l'envie lui en prend...

Du rab sur le Lab

PlusPlus